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Par Comité de Pilotage - lecture du Livre des Actes - Publié dans : Questions Réponses
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Commentaires

Les prophètes : comment sont-ils reconnus sous cette appellation ? (avant et après le Christ).
Commentaire n°1 posté par Equipe Sainte Jeanne d'Arc -Tours le 16/04/2009 à 14h23
C'est du grec prophètès que vient notre mot prophète. Il s'agissait dans l'antiquité grecque d'une fonction d'interprétation des oracles. L'exercice de la "prophétie" comme acte d'interprétation des signes ou des manifestations divines est répandu en quelque façon dans beaucoup de peuples dans le cadre de ce que nous appelons "divination". La divination prétend pouvoir connaître ce que les dieux, ou le dieu veut révéler.
La bible utilise plusieurs termes : voyant, visionnaire, homme de Dieu et navi (qui ramène au sens de "appeler", "nommer"). Ce dernier (navi) est le plus utilisé et il sert aussi bien pour les prophètes du dieu Baal que pour le Dieu d'Israël.

Dans votre question c'est le mot "reconnu" qui pose le plus de problème car il n'y a pas de "canonisation" d'un prophète. On ne décerne pas le titre. Si l'on peut dire, c'est l'histoire qui canonise les prophètes et distingue dans leurs paroles, leurs oracles, leurs signes, la manifestation authentique de Dieu. C'est comme l'arbre que l'on reconnaît à ses fruits en d'autres termes. De plus on parle de l'Esprit de Prophétie, c'est à dire de l'inspiration parfois momentanée de telle ou telle personne et qui fait d'elle un vrai porte-parole de Dieu.
Réponse de Comité de Pilotage - lecture du Livre des Actes le 20/04/2009 à 19h04
Au chapitre 14, 23, Luc nous dit que des Anciens furent désignés (presbutéroi ) sont-ce déjà des prêtres ordonnés ? Nulle part il est dit qu'ils ont reçu l'imposition de mains.
Commentaire n°2 posté par Magdeleine de Sazilly le 17/04/2009 à 10h48
Nous ne pouvons pas dire ce que furent vraiment les cadres de l'Eglise primitive et comment ils étaient réellement désignés. La procédure a pu évoluer dans sa forme. Mais il est permis de considérer que les prêtres autour de leur évêque sont bien les héritiers de cette fonction que le N.T. désigne sous ce nom.
L'imposition des mains n'est en effet pas régulièrement évoquée, mais le Nouveau Testament n'est pas le code civil! Pourtant on constate que c'est un geste qui apparaît souvent, lors de la nomination des diacres et lorsque l'on envoie Paul et Barnabé en mission, par exemple. C'est un geste lié à une consécration, à l'appel de l'Esprit qui construit son Eglise en lui procurant les ministres dont elle a besoin. Et finalement, ce n'est pas tant l'imposition des mains, formellement pratiquée, qui compte mais bien la soumission à l'oeuvre de l'Esprit qui met "à part" ceux qu'il choisit pour guider les croyants. C'est cette soumission qui importe. Elle est peu à peu symbolisée sacramentellement par des gestes et des paroles fixées, mais c'est bien cette soumission à l'Esprit qui fonde dès les origines la structure d'une communauté vraiment attachée au Christ.

Aujourd'hui encore c'est la soumission à l'oeuvre de l'Esprit qui est première et c'est pourquoi une imposition des mains "en bonne et due forme" ne suffit pas. Un évêque peut aller contre l'Esprit en imposant les mains pour faire des évêques ou des prêtres alors que le discernement de l'Eglise lui demande d'y renoncer, en la personne du pape, de ses confrères, ou de personnes habilitées à le faire.
Enfin l'imposition des mains, quand elle est donnée selon une vraie intention de se soumettre à l'Esprit qui parle par l'Eglise, remplit pleinement son rôle de signe de communion et de grâce, c'est à dire qu'elle est le signe que l'on veut vraiment faire ce que fait l'Eglise.
Réponse de Comité de Pilotage - lecture du Livre des Actes le 20/04/2009 à 19h24
Bonjour !

Dans le chapitre 16 versets 16 à 17 Que pense le Diocèse de la réaction de st Paul à l'égard de la jeune servante qui annonce à cris qu'ils sont serviteurs de Dieu et pourquoi, elle le fait ?

Dans le chapitre 18 verset 18, il est question d'un voeu interdisant à Paul de se raser la tête.Qu'est-ce que ce voeu ? et pourquoi ensuite se rase t'il la tête ?

Merci de vos réponse et bien fraternellement

Elisabeth Volant
Commentaire n°3 posté par Volant le 30/04/2009 à 14h49

Paul et Silas sont donc à Philippe, ville de Macédoine particulièrement « romanisée » car ville de garnison où sont en outre envoyés les vétérans des légions victorieuses. Tout y devient romain et la langue latine y occupe la première place. Paul et Silas y sont poursuivis par une jeune servante pratiquant la divination et dont les maîtres tirent profit. Elle ne parle pas, elle crie. Elle proclame une vérité mais comme machinalement et sous le coup d’une sorte de possession qui la déshumanise. Bref elle ne bénéficie guère de ce qu’elle proclame : un chemin de salut. Son aliénation est évidente et ressemble à celle des êtres possédés rencontrés par Jésus et dont les démons reconnaissent la seigneurie.

Paul rend la servante à elle-même en la libérant de sa pratique de la divination. Il condamne par là même l’exercice d’une « fonction prophétique » qui ôterait à celui qui la pratique sa dignité d’enfant de Dieu et qui serait, de plus, pratiquée par cupidité. Même problème pour Simon le magicien. La radicale gratuité de la Bonne Nouvelle n’est pas un petit détail pour le Nouveau Testament. C’est même tout à fait central dans le message de Paul car cela renvoie à la gratuité du salut donné par Dieu en son Fils Jésus.

On peut aussi tirer de ces événements de Philippe que Paul et Silas, s’ils se montrent zélés pour les lois romaines (on le verra en 16, 37), n’en dénoncent pas moins les pratiques non évangéliques enracinées dans la culture de leur temps.


****************

Qu'est-ce que ce voeu ? et pourquoi ensuite se rase t'il la tête ?

Luc ne nous précise ni l’objet ni les circonstances de ce vœu par lequel Paul s’est engagé durant son séjour à Corinthe. Il se rase la tête, ce qui signifie qu’il s’en est acquitté comme on le comprend avec le livre des Nombres 6, 1-21. Paul avait, semble-t-il, cette pratique du vœu : Actes, 21, 23-26. Evidemment, il ne s’agit pas ici de « faire un voeu » comme lorsque l’on voit une étoile filante ! Il s’agit du vœu que l’on fait en s’engageant à accomplir tel acte ou à s’abstenir de tel acte. La clef de lecture est ici la même que dans les vœux prononcés par les religieux ou les prêtres. C’est un engagement de tenir une promesse, un engagement d’accomplir un certain chemin, devant Dieu.

Comme le fait de prononcer un vœu-engagement est aussi toujours une manifestation profonde, devant Dieu (tout mon désir est devant toi, dit un psaume), du désir ou du souhait d’accomplir cette promesse, le sens commun a probablement privilégié cette partie là du vœu et en a fait un vœu-souhait plus qu’un vœu-engagement.

 

Réponse de Comité de Pilotage - lecture du Livre des Actes le 06/05/2009 à 11h45
Excusez-moi de ne pas avoir été très claire.
Nous voulions vous poser deux questions différentes.
1ère question: nous aimerions avoir une explication du chapitre XIX, 13 à 18 car nous n'y voyons pas très clair.
2ème question: Pourquoi de si nombreuses règles sont-elles encore imposées aujourd'hui aux croyants juifs?
Commentaire n°4 posté par CLEMENT le 11/05/2009 à 10h47

Nous découvrons ici un parallélisme entre l'action de Paul et celle de Jésus. Maladies et esprits méchants sont chassés. Mais cette puissance du Nom de Jésus ne s'exerce pas n'importe comment. Elle requiert des témoins qui se sont laissé habiter par la Parole de la grâce. Or les exorcistes juifs, donc des hommes qui pratiquent des rites en vue d'une libération de l'emprise des esprits mauvais, souffrent ici du même défaut d'engagement que la jeune servante dans la ville de Philippe (Actes 16, 16-18). Elle aussi restait extérieure à ce qu'elle proclamait. Ces exorcistes instrumentalisent donc le nom de Jésus mais ne l'ont pas accepté comme Seigneur de leur vie. Leur adjuration devient donc formule magique coupée de tout enracinement dans une relation personnelle avec Jésus Sauveur. L'Esprit mauvais met l'imposture à nu. Il les agresse physiquement comme pour bien marquer qu'ils ne sont soumis à Jésus ni de corps ni d'Esprit. (voir Bossuyt et Radermakers "témoins de la Parole de la grâce", IET Bruxelles 1995, p.582)

*************************
Pour ce qui est de votre question sur le judaïsme, disons que si le nombre de 613 mitsvot (commandements) à pratiquer paraît démesuré, il est souvent plus symbolique que réel (il s'obtient en additionnant 365 jours de l'année + 248 composantes du corps d'après l'antique conception talmudique).

Cette petite addition montre que l'esprit du judaïsme jusqu'aujourd'hui veut que chaque moment du temps et chaque partie du corps soit concerné par la mise en pratique de la Torah (qui énonce de la part de Dieu comment emprunter le chemin de la Vie). En fait les mitsvot sont là pour implanter la "vie éternelle" dans les moindres détails de la vie quotidienne. Ils concernent le prochain, l'étranger, la veuve, l'orphelin, les parents, les maîtres, l'éducation, la famille, l'hônneteté professionnelle, la calomnie, le faux témoignage; ils recommandent la visite aux malades, l'hospitalité, la justice, et structurent les rites. 

Il n'y a pas de hiérarchie entre les mitsvot et celui qui en observe une seule avec l'intention droite de fidélité à l'Alliance est considéré comme s'il les observait toutes! En sanctifiant chaque fait de la vie, ils sanctifient le temps et manifestent que rien n'est indifférent, que tout a du "poids". Ils rappellent concrètement la seigneurie de Dieu et veulent sanctifier l'homme en référant toute l'existence à Dieu. (info tirée du livre de Dominique de la Maisonneuve, "Le judaïsme tout simplement", L'atelier, 2007, p.80-81)
fr. Jean-François Bour




Réponse de Comité de Pilotage - lecture du Livre des Actes le 13/05/2009 à 12h12
Dans le chapitre 16, verset 7,"l'Esprit de Jésus" s'oppose à ce que Paul se rende en Bithynie. Il en est de même pour la province d'Asie.
Nous nous demandons pourquoi? Y a t'il une explication à cela? Merci.
Commentaire n°5 posté par Proffit le 11/05/2009 à 14h40

Oui, voilà une mention en effet difficile à appréhender car elle concerne pour une bonne part la relation intime de Paul et de ses compagnons avec l'Esprit Saint, dans la prière, ou par le biais des signes que peut-être Celui-ci leur donne.

Ce qui est plus clair par contre, c'est l'utilité de cette précision de la part de l'auteur des Actes. En effet, les Actes des Apôtres qui devraient plutôt s'intituler les "Actes de l'Esprit" sont écrits pour nous faire voir les merveilles de Dieu qui s'opèrent dans la puissance de l'Esprit Saint répandu sur toute chair grâce à la résurrection de Jésus. L'Esprit est donc souverain tout au long des Actes. Pas un seul apôtre ne peut s'enorgueillir d'être un missionnaire particulièrement performant, car tout vient de l'Esprit et tout s'opère dans la force de l'Esprit. Ce petit verset vient nous le rappeler d'une manière frappante. C'est conduit par l'Esprit que Paul va ici ou là. C'est à cause de l'Esprit qu'il ne va pas (pour le moment peut-être) en tel ou tel lieu.
frère Jean-François

Réponse de Comité de Pilotage - lecture du Livre des Actes le 13/05/2009 à 14h59
Bonjour,

Grâce aux actes des Apôtres et aux cartes qui nous ont été transmises pour suivre les voyages de Paul, nous avons fait le parallèle avec les lettres que Paul a écrites :
Les corinthiens sont de Corinthe, les Philippiens de Philippes... mais nous n'avons pas réussi à situer les Colossiens. De quelle ville ou de quelle région sont-ils ?

Merci d'avance
Commentaire n°6 posté par Inès Larcena le 20/05/2009 à 18h58
Réponse de Comité de Pilotage - lecture du Livre des Actes le 24/05/2009 à 08h34
Questions sur le ch.16 5,6 : pourquoi le Saint-Esprit les avait-ils "empêchés d'aller à cet endroit"? Quelles hypothèses peut-on formuler?

Pourquoi paul a-t-il fait circoncire Timothée ?
Commentaire n°7 posté par Baugé le 27/05/2009 à 16h03
Le Saint-Esprit s'oppose aux projets de Paul: voilà une mention en effet difficile à appréhender car elle concerne pour une bonne part la relation intime de Paul et de ses compagnons avec l'Esprit Saint, dans la prière, ou par le biais des signes que peut-être Celui-ci leur donne.

Ce qui est clair par contre, c'est que les Actes des Apôtres qui devraient plutôt s'intituler les "Actes de l'Esprit" sont écrits pour nous faire voir les merveilles de Dieu qui s'opèrent dans la puissance de l'Esprit Saint répandu sur toute chair grâce à la résurrection de Jésus. L'Esprit est donc souverain tout au long des Actes. Pas un seul apôtre ne peut s'enorgueillir d'être un missionnaire particulièrement performant, car tout vient de l'Esprit et tout s'opère dans la force de l'Esprit. Ce petit verset vient nous le rappeler d'une manière frappante. C'est conduit par l'Esprit que Paul va ici ou là. C'est à cause de l'Esprit qu'il ne va pas (pour le moment peut-être) en tel ou tel lieu.


La circoncision de Timothée: L'explication la plus plausible est que Timothée, de père grec, est cependant juif par sa mère (2 Timothée 1,5). Il est donc, selon le judaïsme, tout ce qu'il y a de plus juif (on est juif par sa mère). Et donc il est possible que Paul veuille simplement montrer que l'annonce du messie n'est pas le fait de juifs qui se désolidariseraient d'avec leur peuple (il y a en effet un enjeu politique et peut passer pour traître un juif qui fait disparaître toute trace de sa judaïté : car le nationalisme juif gronde de plus en plus fort contre les romains; devant ses frères de race, Timothée ne doit donc surtout pas passer pour un juif qui cherche lâchement une "planque" dans une religion dispensant de la loi juive). Pour Tite, Paul s'opposera énergiquement à sa circoncision (Ga 2,3-5) car il est vraiment grec.

frère Jean-François
Réponse de Comité de Pilotage - lecture du Livre des Actes le 29/05/2009 à 15h16
En 16, 20, il nous est dit que les règles de conduite annoncées par les juifs ne peuvent être accueillies ni suivies par les citoyens romains.
Pouvez-vous nous préciser en quoi différaient les obligations des uns et des autres ?

En 20, 38 cette parole de Paul qui fait penser à l'Ascension de Jésus : "Vous ne verrez plus mon visage". Que veut dire Paul : est-ce l'annonce de son départ ? de sa mort ?
Commentaire n°8 posté par Maryline MASSERET le 02/06/2009 à 18h48
Bonjour,
Il est difficile de vous faire ici un exposé complet des us et coutumes de deux civilisations qui différaient considérablement. Il faudra vous référer à des ouvrages spécialisés dans l'histoire des cultures antiques et juive. Dans le passage en question, il n'est même pas certains que les accusateurs aient des faits très précis à avancer. Ils cherchent surtout à faire cesser les activités de Paul et Silas alors qu'ils viennent de libérer une jeune femme des pratiques divinatoires dont elle était prisonnière, pour le plus grand profit de ses maîtres. De plus, la ville de Philippe en Macédoine était devenue une ville très romanisée où l'on envoyait les vétérans de certaines légions romaines afin de les récompenser après leur carrière militaire. C'est donc sans doute une population qui, probablement, tirait orgueil de son appartenance à la ville (Rome) qui dominait alors "l'univers". Les usages juifs étaient relativement tolérés par les romains, mais à condition de ne pas semer le trouble. Or Paul remet justement en question une des pratiques courantes de cette époque.


En 20, 38: vous pensez trouver une référence au Christ. Il n'y en a cependant pas vraiment. On penche plutôt pour une intuition qu'avait Paul au cours de ce voyage qu'il ne reverrait pas les Anciens d'Ephèse. Cela se vérifiera, car, arrivé à Jérusalem après cette entrevue, Paul est arrêté puis transféré vers Rome pour son jugement devant la juridiction impériale. Ce fut son dernier voyage.
frère Jean-François
Réponse de Comité de Pilotage - lecture du Livre des Actes le 04/06/2009 à 17h22
un débat animé a eu lieu lors de notre dernière rencontre sur le sens de " la résurrection de la chair".Pouvons-nous savoir actuellement dans quel état notre corps ressuscitera? merci de nous éclairer si c'est possible.
Commentaire n°9 posté par Thérèse le 05/06/2009 à 15h43

Je suis obligé d’être un peu long. Je m’en excuse auprès des lecteurs.

Le corps appartient pour nous au domaine des choses qui passent. Périssable, lieu de la fragilité, il nous semble qu’il n’a rien de commun avec notre dimension spirituelle. D’ailleurs, pour de nombreuses religions et écoles philosophiques, seule notre "dimension" spirituelle pourrait être gratifiée d’une existence éternelle. Saint Paul, dans la première lettre aux corinthiens (15,4), met pourtant la résurrection au centre de notre foi. La résurrection de la chair est en effet l’un des points les plus centraux de notre foi, une des caractéristiques essentielle du christianisme.

Or la question se pose (I Cor. 15,35) « comment les morts ressuscitent-ils ? ». Vieille question !

Paul prend donc une comparaison, celle de la semence. A son époque le processus biologique n’est pas clair qui, d’une semence produit une plante éventuellement gigantesque : la graine qui donne un chêne est minuscule au regard de la taille de l’arbre centenaire. Processus quasi miraculeux à l'époque, la dégradation de la graine qui produit un être exceptionnel fait imaginer ce que pourrait être la résurrection : c’est incompréhensible, c’est comme une création; et autant le corps de la plante nouvelle est étonnant par rapport à la petitesse de la graine qui a pourri dans la terre, autant le sera notre corps ressuscité par rapport à notre corps périssable d’aujourd’hui.

Plus loin (versets 42-44) le mot semence renvoie à notre existence empirique. Et Paul explique qu’il y aura une césure entre notre existence périssable (quand nous sommes « semés ») et notre corps glorieux.

Sans doute cette différence entre le corps actuel et le corps glorieux-ressuscité sera plus grande qu’entre le gland et le chêne ! La manière dont Dieu s’y prend nous échappe. Croyons en sa force créatrice !

Pourquoi les chrétiens tiennent-ils à parler de résurrection des « corps » ? Le corps - il faudrait plutôt dire la « chair » au sens de l’évangile selon saint Jean - est l’existence concrète de l’homme. Le corps est le signe et le lieu d’une identité unique qui s’exprime, entre en relation et reçoit  peu à peu les marques du temps et de l’histoire individuelle.

Le corps fait un avec le concret de la vie, du plaisir, de la souffrance, de la beauté, de l’amour. Et quand une hétérogénéité entre le corps et l’esprit subsiste, nous l’expérimentons souvent douloureusement comme un disfonctionnement. De nombreuses écoles spirituelles pensent que cette dichotomie prouve bien que notre but ultime est de fuir le corps afin d’être libéré de ce disfonctinnement, de cette souffrance.

En méditant la résurrection de Jésus, le christianisme pense, de son côté, que le but ultime est en réalité une réconciliation, une réunification, une résurrection où le corps atteint sa pleine dimension spirituelle (et dès ce monde, il commence déjà à la développer – regardez ce que le corps peut exprimer de beau, d’émouvant … etc) et l’esprit de son côté atteint son aisance parfaite dans la matérialité empirique.

Toutefois le corps ressuscité échappe à nos représentations. Nous pressentons seulement ces quelques perspectives  parce que nous croyons que Jésus désigne nos vies concrètes comme l’espace de l’amour et de la paix, et parce qu'il est apparu ressuscité à ses apôtres. Il ne nous pousse pas à fuir ce monde et l’existence matérielle pour recevoir le don de Dieu mais à convertir notre existence concrète comme si la vie éternelle était déjà commencée.


L’homme est sauvé en tout ce qui fait sa condition concrète. Le cosmos tout entier est appelé à devenir un rayonnement de don et d’amour, afin d’exprimer ce que le Corps de Jésus lui-même exprime et manifeste : un don de vie, d’amour et de paix. Finalement, il y aura continuité, parce que Dieu respecte notre identité historique et nos combats d’aujourd’hui. Mais il y aura aussi une discontinuité (transformation) car Dieu nous veut réconciliés, corps et esprit : créatures qui rayonnent  de l’amour, au sein d’une création « nouvelle » communiant pleinement dans la vie de Dieu.

Fr. Jean-François

Réponse de Comité de Pilotage - lecture du Livre des Actes le 15/06/2009 à 11h08
Dans le chapitre 16 des Actes des Apôtres, aux versets 25 à 30, il se produit un évènement inhabituel, alors que Paul et Silas sont en prison :" un violent tremblement de terre qui secoua les fondations de la prison".S'agissait-il d'un évènement naturel ?
Commentaire n°10 posté par danielle folscheid le 13/06/2009 à 00h42
Je vois que certains lisent les Actes jusqu'à des heures tardives!!! Belle passion pour la Parole de Dieu. Heureux ceux qui veillent, attendant son retour!
Difficile de retrouver trace du tremblement de terre dans les annales de sismologie... tu t'en doutes,
mais pourquoi pas? Un vrai tremblement de terre, cela se conçoit. Mais l'essentiel n'est pas là à mon sens. En effet, ce tremblement de terre rappelle les événements théophaniques, les manifestations de Dieu qui en se révélant déclenche un bouleversement des élements naturels (manière de nous ramener aux bouleversements qui se produisent aussi en nous). On connaît des récits de la résurrection de Jésus qui sont associés à ce genre d'ébranlement. Et comme par hasard, ici aussi il s'agit de libération, non pas libération de la mort, mais on n'en est pas loin. Toute libération   rejoint le sens de la résurrection de toute façon. Ici, ce sont les messagers de l'évangile qui sont libérés et le récit veut nous faire penser à la résurrection de Jésus, ou à des théophanies divines: pourquoi? Parce qu'on n'emprisonne pas la parole salvatrice de Dieu, ni dans la mort (Jésus), ni dans les prisons du monde (Paul et autres témoins). La Parole salvatrice de Dieu veut atteindre son but, arracher au mauvais ses proies. Elle est déjà victorieuse de tous les tombeaux. Je pense que la mention d'un tremblement de terre sert essentiellement de "crochet" pour nous faire penser à tout cela. Autrement dit, la libération de Paul et Silas nous indique que la puissance de la résurrection est à l'oeuvre, une puissance qui triomphe des forces de mort, une puissance de la Parole divine qui fait ce qu'elle dit: sauver les Hommes.
bien le bonjour à tous à B.
Jean-François
Réponse de Comité de Pilotage - lecture du Livre des Actes le 15/06/2009 à 11h42
bonjour,quelques interrogations ont été soulevées par cette rencontre :
- est ce que luc faisait parti du voyage de Paul ? que désigne le pronom nous dans le récit ?
- est ce que les apôtres savaient qu'il y avait le "2ième baptème"
- pourquoi les juifs ont établi la circoncision selon la loi de Moïse
- quel lien entre Torah et ancien testament
Par ailleurs nous souhaiterions souligner que nous avons apprécié cette possibilité de poser des questions et les réponses apportées, nous avons tellement apprécié que nous aimerions savoir si ce service de communication se prolongera au delà de cette lecture. en tout cas nous soumettons cette proposition...
merci à tous ceux qui y ont contribué
bien fraternellement
christine
Commentaire n°11 posté par christine terrasson le 06/10/2009 à 14h56

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