
LECTURE DU LIVRE DES ACTES DES APOTRES
| Mars 2010 | ||||||||||
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Lors d'une rencontre fructueuse nous nous sommes posé la question suivante à propos de la phrasechapitre 13, verset 48"...; tous ceux que Dieu avait préparés pour la vie éternelle devinrent croyants" Que veut- dire le tous ceux? On a l'impression que cela désigne une catégorie de personnes seulement? Alors que tout homme est enfant de Dieu ?
D'autre part nous nous sommes interrogés sur " Qui sont les païens d'aujourd'hui ? Nous chrétiens nous pouvons avoir des conduites pîennes alors que des personnes non croyantes ou n'étant pas attachées à une croyance, une église peuvent avoir des comportements relevant de l'évangile.
C’est en effet un peu troublant et vous réagissez bien en disant qu’aucune restriction n’est admissible. Ce ne serait pas chrétien. Nous devons en effet comprendre la phrase dans son lien aux autres affirmations du Nouveau Testament concernant l’universalité du salut. C’est ainsi seulement que l’on rend justice à l’Ecriture sainte et qu’on l’interprète correctement.
Alors que faut-il retenir de ce passage ? Et bien, peut-être, que ce sont ceux que dieu a préparés qui devinrent croyants… et non ceux qui auraient été conquis ou fascinés par de brillants orateurs. Ce ne sont pas ceux qui auraient été convaincus par des arguments, mais bien ceux que Dieu a visités par le don gratuit de sa Vie, une vie éternelle, qui prennent le chemin de la foi. Bref, c’est parce que Dieu vient vers les Hommes, tous les Hommes, qu’ils deviennent croyants. C’est parce que Dieu conquiert les cœurs en donnant gratuitement le salut en Jésus son Fils, c’est parce que Dieu a pris l’initiative que nos cœurs peuvent s’ouvrir à la foi, se livrer à cette expérience fabuleuse d’une relation au Père semblable à celle que le Christ vit avec le Père. Il est sans doute question ici de la primauté de l’initiative de Dieu : c’est le fameux « il vous précède en Galilée » quand l’ange parle aux apôtres du Christ Ressuscité. Car le Christ précède ses apôtres, c’est Lui qui agit, c’est Lui qui touche, c’est Lui qui pardonne et guérit. C’est parce que Dieu prend l’initiative que le cœur de l’Homme s’ouvre.
frère Jean-François Bour- que l'Eglise,
présente plus de témoins à la messe du dimanche - personnes qui ont rencontré Dieu :
comment ? Le Seigneur est totalement imprévisible -ceux qui ont vécu une guérison du coeur, une guérison physique, des témoins vivants au quopitidien de l'Amour du Seigneur.
- rendre les homélies parfois plus concrètes, vivantes, explicatives des termes d'époque, et moins moralisatrices,
- nous stimule (nous réconforte, nous affermisse) du bonheur d'être enfants de Dieu pour vivre notre vie de tous les jours de façon transformée,
- ouvre ses portes un peu plus à l'Esprit Saint, et comme au temps des Apôtres, l'invoquer un peu plus sur chacun des participants,
- et aussi ouvre ses portes plus largement à ceux qui ont d'autres moyens d'évangélisation et sont reconnus par l'Eglise,
- Puisque vous sollicitez notre avis, nous serions heureux d'avoir une rencontre spécifique et concrète, avec des engagements réels, avec des prêtres et laïcs sur ce sujet
Merci de votre attention et de la réponse diocésaine.
Vous pouvez aussi travailler et préciser ces idées avec votre délégué à l'Assemblée diocésaine et vos communautés afin de les présenter à la prochaine Assemblée diocésaine du 4 octobre 2009.
Fraternellement.
Or dans le passage de l’Assemblée de Jérusalem, c’est Jacques qui apparaît comme le chef de l’église de Jérusalem et comme l’autorité principale du mouvement chrétien, en effet c’est lui qui tire la conclusion des controverses survenues entre juifs et non juifs.
Dans l’église naissante, quelle est la position de Pierre et Jacques, qui a l’autorité ?
Cordialement.
moreau
Je commencerai par répondre que plusieurs passages convergent dans le nouveau testament et confirment ce que la tradition de l’Eglise a toujours reçu, à savoir que le rôle de Pierre fut prééminent. Est-il pour autant formellement nommé « chef », c’est ce que nous verrons ensuite.
Les listes d’apôtres mettent toujours Pierre en tête. Il reçoit le nom de « Roc » (Képhas). Son rôle est capital dans l’épisode de Césarée : il se fait l’interprète de la foi des disciples : « Tu es le Christ, le fils du Dieu vivant » Mt 16, 16. Pierre fait partie du trio qui est témoin de la Transfiguration, et c’est lui qui prend la parole à cette occasion. C’est son reniement qui est annoncé comme pour mettre le paradoxe de son attitude en évidence. Et Jésus lui demande « d’affermir ses frères quand il sera revenu » Lc 22, 31. L’évangile selon Saint Jean manifeste la déférence de Jean par rapport à Pierre lors de la découverte du tombeau vide : « il n’entra pas ». De plus cet évangile traite du pastorat de Pierre (Jn 21,17) : « pais mes brebis » d’une façon plus qu’insistante. Dans les Actes, Pierre est le héros principal de la première partie, il dirige le remplacement de Judas, prêche le jour de la Pentecôte, relève l’impotent (Ac 3, 6) – or c’est le premier miracle après la résurrection de Jésus – fait comparaître Ananie et Saphire, et sur le passage de son ombre on se presse (Ac 5, 15) pour être guéri (encore une allusion à Jésus dont on voulait toucher le manteau). Pierre est aussi le personnage clef du « sommet des Actes » que constitue le baptême de Corneille et la justification qu’en donne Pierre ensuite (Ac 10 et 11).
Enfin, Lc 24, 34 et 1 Co 15, 5 font de lui le bénéficiaire de la première manifestation du ressuscité.
Il est difficile de ne pas remarquer que Pierre est mis en avant plus que tout autre. Après Jésus, c’est de lui dont on parle le plus.
Jacques fut assurément le chef de la communauté de Jérusalem, ainsi que cela nous est dit. Il présidait aux destinées d’une communauté essentiellement juive de tradition. Le fait qu’il conclue le « concile » de Jérusalem manifeste cette autorité réelle, après que Pierre l'ait exercé aux temps de la Pentecôte. Mais remarquons bien le déroulement collégial du débat et la procédure concertée qui est mise en scène. C’est le prototype de l’exercice de l’autorité dans l’Eglise. Pierre ouvre les débat, Jacques les clôture, ce qui montre qu’une certaine primauté est laissée à ceux que l’Esprit a désignés pour cela – et s’il y en a un qui est supérieur, ce n’est pas pour concentrer le « pouvoir » dans ses mains, mais pour le réguler, le donner, le rendre fructueux. Dans ce cadre, les débats sont possibles et même recommandés.
Ainsi donc, Pierre est le premier des apôtres et son rôle est d’être, plus que tout autre, mais avec les autres, au service de la communion, de la charité, du témoignage qu’il faut rendre à l’Evangile du Christ. Ceci doit servir de cadre à toute réflexion sur l’autorité de Pierre, ou son rôle de « chef » - car il ne peut les exercer hors de cette « spiritualité » de l’autorité, ou de la primauté dont nous parle le Nouveau Testament. Au fil de l’histoire, dans l’Esprit, l’Eglise fait l’apprentissage heureux et difficile d’une communion que consolide et guide une « autorité évangélique ».
fr. Jean-François
2.Qui sont "les dames influentes"? 13,50
3.Comment comprendre "Pourquoi mettez-vous Dieu à l'épreuve"? 15,10
Nous devons comprendre la phrase dans son lien aux autres affirmations du Nouveau Testament concernant l’universalité du salut. C’est ainsi seulement que l’on rend justice à l’Ecriture sainte et qu’on l’interprète correctement.
Alors que faut-il retenir de ce passage ? Et bien, peut-être, que ce sont ceux que dieu a préparés qui devinrent croyants… et non ceux qui auraient été conquis ou fascinés par de brillants orateurs. Ce ne sont pas ceux qui auraient été convaincus par des arguments, mais bien ceux que Dieu a visités par le don gratuit de sa Vie, une vie éternelle, qui prennent le chemin de la foi. Bref, c’est parce que Dieu vient vers les Hommes, tous les Hommes, qu’ils deviennent croyants. C’est parce que Dieu conquiert les cœurs en donnant gratuitement le salut en Jésus son Fils, c’est parce que Dieu a pris l’initiative que nos cœurs peuvent s’ouvrir à la foi, se livrer à cette expérience fabuleuse d’une relation au Père semblable à celle que le Christ vit avec le Père. Il est sans doute question ici de la primauté de l’initiative de Dieu : c’est le fameux « il vous précède en Galilée » quand l’ange parle aux apôtres du Christ Ressuscité. Car le Christ précède ses apôtres, c’est Lui qui agit, c’est Lui qui touche, c’est Lui qui pardonne et guérit. C’est parce que Dieu prend l’initiative que le cœur de l’Homme s’ouvre.
On peut penser aussi que Dieu travaille les cœurs et qu’il faut savoir attendre l’heure de Dieu, car Lui seul connaît le temps où une personne pourra lui donner sa foi.
Qui sont "les dames influentes"? 13,50
Probablement des personnes que leur position sociale rend influentes.
Comment comprendre "Pourquoi mettez-vous Dieu à l'épreuve"? 15,10
Cela signifie sans doute : manquer de confiance en la sagesse de Dieu qui veut donner sa grâce d’une manière qui ne passe pas par les observances de la Loi juive. (voyez Exode 17, 7 – Nombres 14, 22).
fr. Jean-François
2) pourquoi déchirent-ils leurs vêtements? signe de deuil? de pénitence? de colère?...
3) Parfois, l'appel de Dieu est si fort que l'on répond "oui" ou "non" tout de suite. Notre liberté est-elle alors totale?
Les magiciens, cités dans les Actes:
Je n’en sais rien, et je pense que ce n’est pas comparable pour la simple raison que ce sont des cultures totalement différentes. En plus, de quels sorciers d’Afrique voulez-vous parler ? De quel impact ? Il me semble que l’Afrique, c’est très très grand et très divers…
pourquoi déchirent-ils leurs vêtements?
C’est un geste que l’on trouve généralement dans la Bible pour exprimer une grande affliction, notamment devant le blasphème.
Notre liberté est-elle totale?
En réalité notre liberté est toujours blessée, c'est à dire qu'elle n'est jamais totale quelque soit la situation dans laquelle nous nous trouvons. C'est le grand malheur de l'homme: sa liberté est blessée.
L'appel de Dieu et le don de sa grâce vont donc toujours travailler à faire grandir cette liberté en nous, en la purifiant. Dieu nous veut libres comme Lui. Et il pourrait même nous montrer qu'une réponse que nous pensions lui avoir donnée librement, n'était, en réalité, pas totalement libre.
Croire que Dieu respecte notre liberté ou veut la faire grandir en nous, n'est ce pas une question de confiance? Dieu ne veut jamais violer notre liberté parce qu'il nous aime. Finalement, il faut le croire.
Ceci nous fait comprendre enfin que la grâce de Dieu est vraiment, dans nos vies, une restauration de notre liberté profonde, blessée par le péché, afin que nous puissions donner une réponse vraiment libre. C'est dans cette confiance que nous pouvons construire notre relation avec Dieu.
D'avance je vous en remercie
D'avance je vous remercie de votre réponse
Daniel Parent Joué-les-Tours
Dans le chapitre 14, il est dit: Ils désignérent des Anciens pour chacune de leur Eglises Quel est le rôle de ces Anciens?
Quel nouveau ministère Paul met-il en place pour diriger les communautés qu'il a fondées?
Pour le rôle des anciens lisez Actes 20, 17-28.
Il y eu sans doute assez tôt la volonté de structurer les communautés, peut-être sur un modèle proche du judaïsme. Ce n'est pas étonnant mais nous n'avons pas une connaissance très précise de cette mise en place des structures. Les épîtres à Tite et Timothée montrent cependant que dès la fin du 1er siècle, donc une quarantaine d'années après la mort de paul, les communautés sont gouvernées et qu'il commence à y avoir une vrai doctrine sur le rôle des "pasteurs".
je vous invite à cliquer sur ce lien
http://www.eglise.catholique.fr/actualites-et-evenements/dossiers/annee-saint-paul/cartes-des-voyages-de-saint-paul.html
ou à aller voir les cartes données à la fin de certaines éditions de la Bible.
Actes 15, 13: de quel Jacques s'agit-il (Actes 12, 2 mentionne un Jacques décapité).
Merci beaucoup
Paulus signifie le « petit », le « peu de chose ». Allusion à sa petite taille pensent certains. Sans doute ce nom était-il la preuve de sa citoyenneté romaine. Luc fait apparaître ce nom justement au moment ou Paul rencontre le proconsul Sergius Paulus. Entre autre chose, nous avons là l’un des multiples signes par lesquels le Nouveau Testament cherche à montrer qu’il peut entrer en symbiose et en harmonie avec la civilisation romaine antique et que la foi au Christ n’a pas pour but de la détruire mais permet aussi d’asseoir des bases solides pour la famille, l’autorité, le service, les mœurs etc. Les épîtres pastorales (à Tite et Timothée) sont les championnes de cette argumentation).
Jacques qui est mentionné aussi en 12, 17 désigne le « frère du Seigneur », c’est à dire quelqu’un de la famille de Jésus qui se trouve être l’un de ses disciples. Il prend progressivement la direction des disciples de Jésus vivant à Jérusalem (voir Ac 15, 13 ; 21, 18 ; I Cor 15, 7) et on considère généralement qu’il représente la tendance la plus « judaïsante » des chrétiens de l’époque.
L’homme décapité d’après Ac 12, 2 est Jacques, frère de Jean, l’un des fils de Zébédée.
fr. Jean-François
Je comprends que vous ne soyez pas à l’aise avec le principe de la punition. Il faudrait retrouver l’usage pédagogique d’une épreuve adaptée et bien choisie en vue de faire progresser celui qui a mal agi. Et c’est justement cet idéal qui est régulièrement invoqué par l’Ecriture quand elle proclame avec confiance que Dieu ne cherche qu’à guérir et veut aider l’homme à sortir des chemins où il s’avilie.
Pour ce qui vous choque : « une punition à celui qui s’oppose à l’annonce de l’évangile » ; permettez-moi de vous montrer dans le texte qu’il y a un peu plus que cela. Avez-vous remarqué que le proconsul était « désireux d’entendre la parole de Dieu » (13, 7). C’est lui qui a fait venir Paul et Barnabé et c’est lui qui désire les entendre. Qu’est-ce qui justifie que le magicien de sa cour cherche à s’interposer ? Au nom de quoi, le magicien va-t-il contre le désir de celui qui veut entendre la parole que Paul et Barnabé ont à dire ? Le proconsul n’est-il pas libre ? Pourquoi s’opposer à son désir ? C’est peut-être plutôt cela qui est choquant de la part d’Elymas.
De plus on ne peut que le soupçonner, tout comme Simon le magicien précédemment, d’être un opportuniste qui veut protéger la place confortable que lui procure l’exercice de pratiques divinatoires douteuses – problème vieux comme le monde (!). L’opposition du Nouveau Testament à des pratiques religieuses en vue d’un profit matériel est radicale et l’Eglise n’a cessé de se donner des garde-fous contre de telles pratiques en son propre sein, pas toujours efficacement hélas (qu’on pense aux fameuses indulgences dénoncées par Luther).
Pour ce qui est du phénomène qui frappe le magicien (aveuglement temporaire) et qui rappelle le terrible châtiment d’Ananie et Saphire, nous devons avant tout en tirer une interprétation fructueuse pour notre connaissance de Dieu : tout d’abord, ce fait manifeste que l’évangile n’est pas seulement un condensé de « belles paroles » ; l’Evangile est aussi un jugement au sens où il discrimine ce qui est lumière de ce qui est ténèbres. L’Evangile est tranchant parce qu’il veut nous aider à faire la part des choses, à comprendre que ce qui avilie l’homme est bien réel et qu’il nous faut le voir – à travers l’épreuve parfois. Deuxièmement, ces « châtiments » ont un parfum d’Ancien Testament car on cherche à nous faire comprendre que c’est bien toujours le Dieu trois fois saint qui est à l’origine de cette proclamation de Jésus-Christ Seigneur, que c’est le Dieu qui donna la loi à Moïse en faisant trembler le Mont Sinaï sur ses bases qui vient à nous en Jésus-Christ. Ce n’est pas un Dieu béni oui-oui, mais un Dieu exigeant, comme l’Amour est exigeant. Les Actes veulent nous le faire sentir de temps en temps.
fr. Jean-François Bour
- chapitre 14 verset 23 chapitre 11 veset 30qui était les Anciens (ceux qui avaient déjà annoncé la bonne nouvelle ?) o
Par avance merci pour vos réponses
Peut-être s’agit-il ici de l’évangéliste… Mais on n’en est pas certain. Après sa libération miraculeuse (Ac 12,1-17) on apprend que Pierre va frapper à la porte de la maison de Jean-Marc, fils d’une certaine Marie qui abritait alors, à Jérusalem, des réunions de prière. Puis Barnabé et Saul quittent Jérusalem en direction d’Antioche (au nord sur la côte syrienne) et emmènent ce Jean (surnommé Marc) qui les suivra ensuite au cours de la tournée qui les conduit de Chypre à Antioche de Pisidie, à Pergée, à Iconium… Mais à Pergée (13,13) le dénommé Jean (Marc) décide subitement de rentrer à Jérusalem, pour une raison inconnue. Paul n’apprécia pas cet « abandon », si bien que lors d’un nouveau projet de voyage il se disputa avec Barnabé (15,37) à Antioche. Le désaccord provoqua un dédoublement de l’équipe : Barnabé partit de son côté avec Jean (Marc) son cousin, et Paul du sien avec Silas. Il est admis, et c’est cohérent, que l’on est en présence du même personnage tout au long de ces événements. Il était courant que l'on porte à ce moment là un nom hébraïque (Jean, Saul, Syméon) et un nom plus grec ou romain (Marc, Paul, Niger...)
Pour ce qui est des ANCIENS, vous trouverez bientôt des informations dans la réponse que je vais donner à la question qui suit immédiatement la vôtre ci-dessous.
Fr. Jean-François
Que recouvre exactement le terme "ANCIENS" (chap. 14, 23) ? Est-ce que cela a quelque chose à voir avec ceux qui sont appelés "PRESBYTRES" dans l'épître de Jacques (chap. 5, 14)
S'agit-il d'une fonction ou d'un ministère particulier et le(s)quel(s) ?
Ce mot fait-il allusion à l'âge (plus ou moins avancé) des personnes désignées et/ou à leur ancienneté dans la Foi au Christ ressuscité ?
En effet, pour la première fois, dans les Actes, on fait mention des Anciens (Le mot grec est « presbyteroi » qui donna nos mots presbytère, presbytéral etc.). Il n’a pas de rapport avec l’âge, ni avec l’ancienneté mais, selon l’esprit biblique, avec la sagesse qui n’attend pas les années. Ils veillent à ce que la grâce de l’Evangile fasse son œuvre dans la communauté. Il est certain que leurs fonctions recouvraient en partie celle des évêques et des prêtres d’aujourd’hui. Ils sont désignés le plus souvent, sans doute, suivant la même méthode que les Sept (Actes 6, 1-6) disent les spécialistes. On peut supposer dans plusieurs cas l’application d’un système mixte, à la fois hiérarchique et électif pour les désigner.
Ce système des « Anciens » nous vient de la structure de la synagogue juive. A Jérusalem les Anciens sont les « nobles laïcs », le troisième groupe du Sanhédrin après les chefs de familles sacerdotales et les Scribes (les apôtres et les Anciens de la communauté de Jérusalem semblent presque être un « Nouveau Sanhédrin » qui légifère : Ac. 15, 22... ). Dans les synagogues, sept « Anciens » forment généralement le collège des responsables. Toutefois, il y a un mystère : saint Paul ne parle pas d’Anciens dans ses épîtres (sauf dans celles écrites à Tite et Timothée – or elles ne sont probablement pas de sa main).
Plus loin dans les Actes, voici qu’apparaît un autre mot : Les Anciens d’Ephèse sont convoqués à Milet et Paul leur demande d’exercer la fonction d’episkopos (surveillants) Actes 20, 17-28. Son discours établit leur cahier des charges (lire jusqu’à Actes 20,35). Le terme est unique ici dans l’œuvre de Luc et souligne l’étendue de la tâche des Anciens. Ce n’est pas sur leur dignité de notables qu’il insiste mais sur une responsabilité à exercer dans la vigilance, par la parole et par l’exemple d’une vie livrée à la grâce.
fr. Jean-François
Dans le chapitre 15 verset 19, et au 29, il est question de s'abstenir de manger de la viande non saignée et du sang.
Est-ce toujours valable aujourd'hui sinon depuis quand cette "loi" a-t-elle été supprimée et pourquoi ?
Merci d'avance
Ces commandements font partie des commandements que le judaïsme considère comme commandement noachiques (Imposés à Noé et à toute l’humanité à travers lui). Historiquement, c’est une sorte de « loi naturelle » devant être observée par tout honnête homme et sur laquelle un consensus existait, semble-t-il, parmi tous les peuples du Proche Orient Ancien. Par suite ils constituent (les 7 commandements noachiques) la base légale du comportement d’un non-juif résidant en territoire sous juridiction juive. Tous ceux qui avaient un peu fréquenté des juifs dans l’Empire romain connaissaient cette jurisprudence juive vis-à-vis des incirconcis. C’est pourquoi les païens d’Antioche, déjà proches de la Synagogue et qui adhèrent au Christ, ne se voient pas imposer là un fardeau supplémentaire, mais au contraire ils le reçoivent comme un geste de communion. Ils se voient appliquer des commandements qui, issus de la tradition noachique, les placent tout simplement sous l’universalité de l’Alliance conclue entre Dieu et TOUS les hommes (comme on peut le lire quand Noé sort de l’Arche). Les chefs de la communauté chrétienne se placent donc sur ce registre là et mettent juifs et païens sur un pied d’égalité en les plaçant dans le cadre « disciplinaire » qui les rend tous participants d’une même Alliance en Christ. Ce décret avait donc une inspiration universaliste. Il a peu à peu cessé de remplir cette fonction au cours de l’histoire du christianisme, sans doute déjà avec le progressif renversement de la proportion entre chrétiens issus du judaïsme et chrétiens issus de souche païenne. Il a donc été abandonné. à quel moment précis ? Je ne saurais vous le dire et je n’ai pas trouvé l’information. Mais cela ne devrait pas vous empêcher de poursuivre une lecture fructueuse des Actes.
fraternellement
fr. Jean-François