
LECTURE DU LIVRE DES ACTES DES APOTRES
| Mars 2010 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | ||||
| 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | ||||
| 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | ||||
| 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | ||||
| 29 | 30 | 31 | ||||||||
|
||||||||||
Utiliser ci-dessous la rubrique ajouter un commentaire pour poser vos questions suite à la troisième rencontre de votre équipe.
Utiliser ci-dessous la rubrique commentaire pour visualiser toutes les questions déjà posées et leurs réponses.
1. La première question que vous posez surprend un peu… L’évènement paraît assez parlant et laisse aisément comprendre qu’apparaisse un certain effroi mêlé d’une prise de conscience de la grandeur de Dieu qu’on ne peut tromper. Reportez vous aussi aux autres questions posées sur la crainte de Dieu et sur les réponses déjà données et développées.
2. La pensée des versets 13-14 est en effet un peu difficile à suivre parce qu’on ne sait pas bien qui l’auteur veut désigner par “les autres”. Qu’une crainte aie pu gagner des personnes au point qu’elles se tiennent à distance peut se rattacher au drame tout récent d’Ananie et Saphire. Ces “autres” sont peut-être les dignitaires, les gardes, les romains, les scribes et chefs du peuple, qui sont opposés ici au peuple, c’est à dire à la populace pauvre et humble don’t Jésus avait pitié comme d’un troupeau sans berger. Le peuple quant à lui tenait visiblement les apôtres en grande estime et les vénérait d’une manière quasi superstitieuse.
On trouve dans l’attitude fortement superstitieuse ici une autre clef de compréhension. Il y a un mélange de terreur superstitieuse et sacrée devant les prodiges des apôtres et en même temps, une fascination des masses, voire un mouvement d’ampleur qui pousse les gens à se rallier au Seigneur: “toujours plus de croyants se ralliaient au Seigneur”. Le raisonnement semble ici très subtil, remarquons le. Il y a d’une part les prodiges venant par les mains des apôtres qui déclenchent un mélange de terreur et de superstition (on veut être sur le passage de l’ombre de Pierre) et d’autre part il y a des croyants qui se rallient au Seigneur. Deux attitudes qui ne sont pas opposées par le texte, mais qui semble devoir se compléter, ou s’articuler. Il semble que l’on veuille ici nous faire réfléchir sur ce qu’il convient vraiment d’attendre de la proclamation de la Bonne Nouvelle; en fait, la vénération des Douze ne doit pas s’arrêter à leur personne ou à leur pouvoir thaumaturgique (signe de la puissance de Dieu) mais doit aboutir à faire des “croyants qui se rallient au Seigneur”.
3. Pour la troisième question, veuillez excuser mon hésitation, mais je ne vois pas bien sur quoi elle se fixe, dans le texte des Actes, ou si elle naît de votre expérience. Il est impossible de faire une réponse générale à une telle question car l’action du Saint Esprit touche toujours l’identité propre de la personne et souvent son oeuvre est singulière d’une personne à l’autre. Si vous permettez une suggestion, car il n’est pas possible de faire ici un long développement sur la nature de l’Esprit Saint, tirez profit de la lecture des Actes pour méditer sur son action. Comment agit-il? En vue de quoi? Qu’attend-il des personnes dans les Actes des Apôtres. En quoi est-il compréhensible mais aussi insaisissable? Quel est son lien avec la Résurrection de Jésus? Avec le pardon des péchés? Avec le Royaume de Dieu?
fr. Jean-François Bour
"Un grand nombre de prêtres juifs accueillaient la Foi" S'agit-il d'un cheminement vers le Christianisme?
Actes 6, 7 dit littéralement “une foule nombreuse des prêtres obéissait à la foi” – Il s’agit pour les Actes de nous présenter en effet une véritable adhésion de prêtres (probablement issus du bas clergé – environ 8000 hommes présents à Jérusalem) à l’annonce de l’Evangile. Après les heurts très graves entre les chefs des prêtres et les apôtres (Actes chap. 4 et 5) et avant de voir Etienne montrer que “le Très Haut n’habite pas dans des bâtiments faits par l’homme”, il est important pour Luc de rappeler que le “système” cultuel qui avait le temple pour centre est caduc. Des prêtres juifs se tournent vers Jésus « en qui Dieu s’est manifesté ». Car c’est lui, Jésus, qui prend la place du « Saint des saint », du sanctuaire de Jérusalem.
Où est le pays de Madiane? C’est une région qui commence approximativement à l’Est de l’actuel canal de Suez et couvre le nord de la péninsule du Sinaï puis s’étend au delà du golfe de Aqaba au nord de l’actuelle Arabie, vers l’Est.
"les témoins avaient mis leurs vêtements aux pieds de Saul" Quelle signification faut-il donner à ce geste? Y-a-t-il une relation avec le fait d'ôter ses sandales pour entrer dans le lieu saint?
Cette mention nous fait comprendre plusieurs choses. La mise à mort d’Etienne n’est probablement pas un simple lynchage par une foule surexcitée et incontrôlable. Ceux qui lapident Etienne prennent le temps de se “mettre à l’aise” en ôtant les vêtements amples qu’ils portent, un peu comme on ôterait son manteau pour une tâche particulière. Il se forme donc un cercle et la procédure de lapidation est organisée pour une part. Mais Luc ne précise pas qu’il y ait formellement eu sentence de mise à mort. Certains spécialistes se demandent donc si ce n’est pas, de fait, un lynchage incontrôlé qui se serait produit.
Mais le plus important est que l’auteur introduit ici, pour la première fois, le nom d’un personnage qui deviendra dans la suite, l’un des principaux héros du livre des Actes, Paul. Ici, il s’agit de nous faire comprendre qu’il était de ceux qui s’opposaient le plus farouchement aux chrétiens et qui cautionnaient l’idée d’une éradication de la secte par l’élimination de ces chefs au moins. Enfin il est à remarquer qu’Etienne et Paul symbolisent tous deux cette catégorie de juifs très bien formée au sens de la loi et des prophètes – mais aussi cette catégorie de juifs qui s’étaient déjà mêlés aux peuples païens et qui connaissaient la culture grecque dominante. Etienne fait un discours très profond sur le sens de l’Alliance; il était de culture grecque sans doute, juif né en milieu héllénistique, et peut-être proche de cette synagogue rassemblant justement les juifs de culture héllénistique – d’où leur démarche contre celui qui finalement les trahit. Paul, bien au fait de cette même culture et disciple de Gamaliel avait finalement la même trempe qu’Etienne et, d’une certaine façon, c’est Paul qui reprendra le flambeau d’Etienne mais plus tard, après sa conversion. Cependant il est difficile de faire une lecture plus symbolique comme celle que vous proposez.
"les Samaritains étaient seulement baptisés, ils n'avaient pas encore reçu l'Esprit Saint" Au baptême, l'Esprit Saint n'envahit-il pas celui qui est baptisé?
La manière dont le récit des Actes présente l’entrée dans l’Eglise de nouveaux membres et leur réception de l’Esprit-Saint, est extrêmement diverse, et cela peut surprendre. Comparez ce que dit Pierre en Ac. 2, 38 avec l’absence de mention du baptême en Ac 2, 47 – Ac 4, 4 – Ac 6, 7 – Ac 11, 21 – Ac. 13, 48 – Ac 14,1. Parfois le baptême sanctionne l’adhésion de foi des personnes mais on se demande pourquoi le don du Saint Esprit n’est pas mentionné (voyez Ac 8, 36-39 et Ac 16, 15.33 et Ac 18, 8). Parfois l’ordre classique est bousculé: en Ac 10, 44-48, l’Esprit Saint fait soudain irruption sur ceux qui écoutent la Parole et le baptême leur est donné comme une sorte de “régularisation” ecclésiale! Dans notre récit d’évangélisation des Samaritains, on pourrait penser qu’un pouvoir spécifique est réservé aux apôtres, mais en 9, 17 c’est pourtant un simple chrétien qui impose les mains à Saul, pour qu’il guérisse et reçoive le Saint-Esprit. Puis Paul reçoit le baptême!
Que tirer de tout cela? Des pratiques différentes ont peut-être existé concernant le baptême et le don de l’Esprit Saint dans les premières communautés. L’auteur des Actes n’a pas cherché à harmoniser ces différences. Il n’a pas voulu laisser un schéma normatif. Le Livre des Actes témoigne donc de la liberté et du dynamisme créateur de l’Esprit Saint qui ne se laisse pas enfermer dans des pratiques bien ritualisées, bien définies. L’Esprit souffle où il veut. L’Eglise l’appelle, elle continue de croire que son irruption vient par la médiation de ceux qui se mettent à son service (apôtres, diacres, prédicateurs…) mais elle ne peut que constater que l’Esprit ne se sent pas tenu par les vues limitées ou trop humaine des serviteurs de l’Evangile qui doivent suivre l’Esprit quand celui-ci prend les devant. La liberté de Dieu nous est donc rappelée en 8, 14 ainsi que la complémentarité des ministères dans l’Eglise. Et un troisième élément peut être ajouté: dans notre manière d’adhérer à l’Evangile, il y a des étapes possibles, différentes d’une personne à l’autre et dont l’ordre lui-même varie : repentir, adhésion de coeur, adhésion de l’intelligence, saisissement par le souffle de Dieu, envoi… etc. Il n’y a pas de loi unique et applicable à tous, mais un discernement de la communauté pour que chacun puisse vivre ses propres étapes selon le coeur de Dieu et pour le salut du monde. Ces étapes, l’Eglise catholique cherche à leur donner consistance en conservant un déploiement du rite d’initiation en plusieurs temps (baptême-première communion-confirmation).
fr. Jean-François Bour
La manière dont le récit des Actes présente l’entrée dans l’Eglise de nouveaux membres et leur réception de l’Esprit-Saint, est extrêmement diverse, et cela peut surprendre. Comparez ce que dit Pierre en Ac. 2, 38 avec l’absence de mention du baptême en Ac 2, 47 – Ac 4, 4 – Ac 6, 7 – Ac 11, 21 – Ac. 13, 48 – Ac 14,1. Parfois le baptême sanctionne l’adhésion de foi des personnes mais on se demande pourquoi le don du Saint Esprit n’est pas mentionné (voyez Ac 8, 36-39 et Ac 16, 15.33 et Ac 18, 8). Parfois l’ordre classique est bousculé: en Ac 10, 44-48, l’Esprit Saint fait soudain irruption sur ceux qui écoutent la Parole et le baptême leur est donné comme une sorte de “régularisation” ecclésiale! Dans notre récit d’évangélisation des Samaritains, on pourrait penser qu’un pouvoir spécifique est réservé aux apôtres, mais en 9, 17 c’est pourtant un simple chrétien qui impose les mains à Saul, pour qu’il guérisse et reçoive le Saint-Esprit. Puis Paul reçoit le baptême!
Que tirer de tout cela? Des pratiques différentes ont peut-être existé concernant le baptême et le don de l’Esprit Saint dans les premières communautés. L’auteur des Actes n’a pas cherché à harmoniser ces différences. Il n’a pas voulu laisser un schéma normatif. Le Livre des Actes témoigne donc de la liberté et du dynamisme créateur de l’Esprit Saint qui ne se laisse pas enfermer dans des pratiques bien ritualisées, bien définies. L’Esprit souffle où il veut. L’Eglise l’appelle, elle continue de croire que son irruption vient par la médiation de ceux qui se mettent à son service (apôtres, diacres, prédicateurs…) mais elle ne peut que constater que l’Esprit ne se sent pas tenu par les vues limitées ou trop humaine des serviteurs de l’Evangile qui doivent suivre l’Esprit quand celui-ci prend les devant. La liberté de Dieu nous est donc rappelée en 8, 14 ainsi que la complémentarité des ministères dans l’Eglise. Et un troisième élément peut être ajouté: dans notre manière d’adhérer à l’Evangile, il y a des étapes possibles, différentes d’une personne à l’autre et dont l’ordre lui-même varie : repentir, adhésion de coeur, adhésion de l’intelligence, saisissement par le souffle de Dieu, envoi… etc. Il n’y a pas de loi unique et applicable à tous, mais un discernement de la communauté pour que chacun puisse vivre ses propres étapes selon le coeur de Dieu et pour le salut du monde. Ces étapes, l’Eglise catholique cherche à leur donner consistance en conservant un déploiement du rite d’initiation en plusieurs temps (baptême-première communion-confirmation).
Concernant le verset 37 du chap. 8: Nous remarquons que la question de l’eunuque au v. 36 est restée en suspens. Le v. 38 mentionne l’arrêt du char et l’acte baptismal. Du déroulement ce celui-ci rien n’est dit sinon qu’il nécessite la participation du baptiseur. Les manuscrits qui témoignent d’une “version occidentale” des Actes des Apôtres contiennent des variantes. Ils contiennent notamment ici un verset de plus. On sent que la “version occidentale” n’a pas supporté le manque de réponse, ni l’absence de vérification de la foi du catéchumène. Elle rétablit la conformité à la liturgie baptismale en intercalant – c’est le verset 37 – une profession de foi de l’eunuque: “Alors Philippe lui dit: si tu crois de tout ton coeur, c’est permis. Il répondit en disant: Je crois que le fils de Dieu, c’est Jésus-Christ.” La comparaison avec Rm 10, 9 fait comprendre que le verset 37 s’est probablement inspiré d’anciennes confessions de foi baptismales. Une même tentative de normalisation dans le texte occidental, a conduit à suppléer à l’absence de mention de l’Esprit saint en l’insérant au verset 39 (“Quand ils sont remontés de l’eau, l’Esprit saint est tombé sur l’eunuque…”). En réalité, l’extrême sobriété avec laquelle est rapporté le baptême avait sans doute été voulue par l’auteur. Il n’est pas facile de savoir quel est l’événement qui sert de point de départ à l’octroi du baptême aux non-juifs, puisque cet événement et la rencontre de Pierre avec Corneille (Ac. 10, 44) entrent presque en concurrence.
fr. Jean-François Bour
Merci de vous reporter aux réponses déjà données sur le blog concernant les 12 apôtres.
Engendré, non pas créé: c’est une expression technique du langage chrétien pour bien rappeler que Jésus Christ est Dieu par nature. Dans la philosophie grecque antique, le même engendre le même. L’homme engendre l’homme. Le chat engendre le chat. Ainsi donc, dire que le Père engendre le Fils revient à lui conférer une vraie distinction, mais une nature identique: Dieu engendre Dieu. “Créé” pourrait laisser comprendre que Jésus est une créature de Dieu; or il est Seigneur et s’il partage les conditions de la créature humaine, c’est pour lui permettre d’assumer elle aussi les conditions de la vie divine dont Lui, le Verbe de Dieu, jouit depuis toute éternité. Les querelles théologiques des premiers siècles nous échappent évidemment mais elles sont la cause de ces définitions qui peuvent nous paraître compliquées aujourd’hui. Voyez le Catéchisme de l’Eglise catholique (Numéros 456 à 483).
J’ajoute pour conclure, que le christianisme des origines a affirmé que Jésus n’est pas un homme exceptionnel que Dieu aurait élevé à un rang divin, mais qu’il est Dieu lui-même venu humblement visiter l’homme et vivre sa condition, jusqu’à la mort. De là vient la foi des chrétiens en un Amour indicible de Dieu pour les hommes et toute la Création. L’enjeu de notre expression “engendré non pas créé” est là.
fr. Jean-François Bour
L’extrait choisi ici découpe deux versets dans le quatrième chant du serviteur (Isaïe 52, 13 à 53, 12), qu’il cite dans la version de la Septante: les passages retenus sont le second membre du verset 7 (chap. 53) et le troisième membre du verset 8 (chap.53). On a donc laissé tomber plusieurs morceaux de phrases intermédiaires. On évite ainsi deux allusions à la mort expiatoire du serviteur qui précèdent (53, 7 – le début du verset) et suivent (53, 8 – la fin du verset). Faut-il penser que notre auteur ne veut pas mettre en avant une compréhension expiatoire, ou sacrificielle de la Croix? Ce serait possible, car Luc évite généralement cette tendance.
La compréhension d’Actes 8, 33 que vous demandez n’est pas simple à donner. Car le texte de la bible grecque (que l’on appelle la Septante – connue et utilisée par Luc) donne un sens légèrement différent de l’hébreu: le grec dit “dans son abaissement, son droit a été enlevé” (ce passage grec pourrait aussi se traduire son jugement a été levé). L’hébreu dit “sous la contrainte et le jugement il a été enlevé”. Ainsi donc il faut plutôt essayer de comprendre le contexte global, et la bible latine que nous laisse saint Jérôme comprend le texte plutôt à la manière de l’hébreu.
Si l’on en reste au contexte, il s’agit en tous les cas essentiellement de confirmer la souffrance du serviteur dont la vie est menacée injustement, soit qu’on lui ai retiré son droit, soit qu’on lui fasse violence y compris sous les apparences d’un jugement en bonne et due forme.
Ceci étant, la formule “son jugement a été levé” peut aussi laisser deviner que le serviteur souffrant verra, à l’issue de son chemin de souffrance, le jugement “injuste” porté contre lui, effacé (levé) par Dieu qui rétablit toute justice. Il y aurait donc ici une lecture possible qui annonce la résurrection en contexte chrétien. Luc joue aussi sur ce sens à la fin de la citation d’Isaïe (fin v.33 en Actes) car la phrase grecque “sa vie a été retranchée de la terre”, peut aussi se traduire “elle est élevée de terre, sa vie” (ce qui renvoie encore une fois à une perspective d’exaltation, c’est à dire de résurrection).
Le grec de la bible des Septante permet donc ici des lectures ambivalentes qui laissent deviner à la fois le profond anéantissement du serviteur privé de ses droits, et sa possible exaltation après son épreuve. Luc n’aurait-il pas voulu que ces lectures soient toutes possibles afin de nous faire approcher au plus près du mystère de la Passion?
fr. Jean-François BourQui sont les contradicteurs d’Etienne ici? Le texte accumule les provenances et crée l’impression d’afflux. Le mot synagogue doit sans doute être entendu ici plutôt au sens d’assemblée que dans le sens admis plus tard de “bâtiment synagogue”. L’existence, à Jérusalem avant 70, de synagogues regroupant les juifs de la diaspora en fonction de leur origine est attestée ausi bien par la paléographie que par l’archéologie; toutefois nous ne disposons d’aucun exemple de concentration aussi bigarrée que celle affichée par notre texte. Les affranchis sont des juifs emmenés en Italie en esclavage (par exemple après la conquête de la Palestine par Pompée en 63 avant J.C.) puis émancipés par leurs maîtres, ou encore les descendants d’anciens esclaves. Suivent deux appellations ethniques: les Cyrénéens sont de la province de Cyrénaïque, une région fertile de la Lybie actuelle; les Alexandrins habitent la grande cité d’Alexandrie dont la société juive était notoirement populeuse. Suivent encore deux appellation géographiques: la Cilicie est une région de la côte sud-est de l’Asie mineure autour de Tarse (la ville de Paul); la province d’Asie regroupe toute la côte occidentale d’Asie mineure avec Ephèse pour capitale. Il est possible que ces anciens juifs de la dispora se retrouvaient en communauté séparées (un peu comme la communauté portuguaise catholique à Tours), mais Luc ramène néanmoins cette multitude à l’unité d’UNE synagogue. Il désigne donc surtout par là leur point commun: tous ressortissent à cette diaspora hellénisée émigrée à Jérusalem et dont Etienne lui-même (juif hellénisé) provient. L’auteur des Actes retranscrit ici le souvenir d’une évangélisation conduite par Etienne dans son propre milieu culturel (des familles juives établies depuis plusieurs générations autour du bassin méditerranéen et donc frottées de cette culture antique dominante). Dans cette “assemblée” dite “synagogue des affranchis, on trouvait peut-être aussi des païens récemment convertis au judaïsme (les prosélytes) et des païens proches du judaïsme, mais non convertis (les craignant-Dieu).
fr. Jean-François Bour, en s'appuyant D. Marguerat.Cette expression renverrait à la distribution d’aliments de secours et vise probablement une forme de partage avec les plus pauvres de la communauté. D’autres textes du monde juif de cette époque, mais qui ne sont pas dans la Bible, parlent des tables des veuves, repas offert dans un esprit caritatif à celles qui n’ont plus le soutien d’un homme pour apporter de quoi manger au foyer. On désigne encore aujourd’hui, au Proche-Orient, l’action d’une personne musulmane riche offrant un repas aux pauvres de son quartier (pendant le mois de Ramadan) par l’expression “table du miséricordieux”. Il y a donc peut-être ici une pratique caritative ancienne au Proche-Orient et connue des milieux de culture sémite.
fr. Jean-François Bour
Eh bien… regardons le texte. Que dit-il? Les apôtres en 6, 2 ne pensent pas judicieux de remplir un service qui leur ôteraient leur disponibilité pour prêcher. Ils demandent à la communauté d’aller “chercher sept hommes respectés” (6, 3). Ces derniers doivent être remplis d’Esprit et de sagesse. Les apôtres se proposent d’établir ceux que la communauté choisit à la “tête de cette charge”. Par la suite (6, 5) on apprend qu’ils (la communauté toute entière) a choisi Etienne, Philippe, Prochore… etc. Puis placés devant les apôtres, ils se voient imposer les mains par ces derniers.
Les 7 sont donc choisis par la communauté, non par les apôtres. Ils sont cependant choisis suivant des critères précis mais larges en ce sens que beaucoup pourraient correspondre à ces critères. Pour ce qui est de l’expression de leur volonté ou de leur avis, le texte ne dit rien. On peut penser que ces hommes sont tout simplement appelés, comme les apôtres l’ont été par Jésus. Les a-t-on forcés? On ne dit rien à ce sujet dans le texte. A-t-on pris le temps de leur demander leur avis, on ne sait pas. Mais nous savons au moins de quelle trempe étaient Etienne et Philippe. Devant leur éventuel refus d’assumer ces charges, il est permis de penser que la contrainte aurait été aussi inutile qu’absurde étant donné l’enseignement du Nouveau Testament sur la liberté de suivre Jésus.
fr. Jean-François Bour
un passage des actes chapitre 8 verset 15 demande à être éclairci.
"les samaritains étaient baptisés au nom du Seigneur Jésus mais ils n'avaient pas encore reçu l'Esprit"
-Faut-il comprendre que c'était un baptême incomplet ?
-a quels signes pouvait-on reconnaître que quelqu'un avait reçu le Saint Esprit ? Y avait-il des manifestations extérieures qui annonçaient cette venue ?
Bonsoir, un premier élément de réponse vous est fourni sur cette même page : vous pouvez remonter jusqu’à ce que vous trouviez les réponses aux commentaires 2 et 3.
à quels signes pouvait-on reconnaître que quelqu'un avait reçu le Saint Esprit ? Y avait-il des manifestations extérieures qui annonçaient cette venue ?
Si vous le voulez bien, je vais poser la question sous un angle légèrement différent pour permettre une réponse plus fructueuse, du moins je l'espère.
Il me semble surtout important de noter deux choses fondamentales chez les nouveaux convertis que nous présentent les Actes des Apôtres. La première chose, c’est le mouvement qui naît dans le cœur d’une personne, dans son ressenti, dans sa conscience, dans son intelligence, dans sa volonté propre et libre : ce mouvement consiste à s’en remettre à Jésus, à aller vers Jésus, à lui donner sa foi, sa confiance existentielle. Ce mouvement est celui de l’Homme qui se tourne vers le Christ (dans un mouvement personnel, libre) – le mouvement qui vient de l’Homme (chacun des convertis porte en lui cette dimension).
La seconde chose à remarquer, c’est que dans toute histoire de foi, il n’y a pas que l’Homme qui s’avance pour s’en remettre à son Dieu… Car la Foi, c’est une relation, une alliance. Et Dieu s’avance aussi pour se donner lui-même en réponse, mais parfois aussi comme pour prévenir déjà le mouvement de l’homme (d’où les inversions étranges : ici le Saint Esprit avant le baptême, là l’inverse). De toute façon Dieu fait mouvement, librement et se donne à l’Homme, par amour : ce mouvement divin est l’effusion de l’Esprit Saint ; et l’Incarnation du Verbe est la manifestation la plus haute de cette effusion : la Vierge conçut du Saint-Esprit. Mais quant aux manifestations possibles, pour nous, Dieu est libre et c’est toujours l’Evangile de Jésus Christ reçu en Eglise qui est le grand critère pour dire si une manifestation est de l’Esprit Saint ou non).
Il me semble donc possible d’utiliser cela comme clef de lecture simple et efficace de ces événements où l’on ne sait pas très bien définir ce qui arrive aux convertis du livre des Actes.
Je récapitule : - l’Homme s’avance librement, reconnaît Jésus et s’en remet lui. C’est un mouvement qui amorce de la part de l’Homme et en l’Homme ce qu’on nommera foi.
- Dieu s’avance librement vers l’Homme en qui il reconnaît le Visage de son Fils mort en Croix et se donne à lui. C’est le mouvement de Dieu qui donne ce qu’Il Est à l’Homme – effusion du Saint-Esprit qui déploie véritablement la foi, car pour qu’il y ait vraiment foi, il faut que l’Esprit Saint parachève le mouvement libre de l’homme en lui donnant l'amplitude de la Foi du Christ (eh oui, le Nouveau Testament parle de la « Foi du Christ », car la foi est fondamentalement la relation filiale qu’il y a entre le Fils et le Père et que nous sommes appelés à vivre nous aussi).
fr. Jean-François Bour
Ce point a soulevé la question de l'argent dans l'Eglise, car certaines personnes ont été parfois choquées de s'entendre réclamer un dû pour la célébration d'un sacrement ce qui nous fait dire qu'il faut une attention aux mots et de la délicatesse.
Simon, enchaîné par son péché (comme avec Ananie et Saphire, dans la communauté, il y a toujours une brebis égarée) Il est invité au pardon et pour cela, à la prière qui ouvre le cœur, mais cependant une incompréhension dans les propos de Pierre : "Détourne-toi…prie le Seigneur : il te pardonnera peut-être" Pourquoi "peut-être ?
Simon s'en remet humblement à la prière des apôtres : n'est-ce pas là un signe de sa confiance ?
La rencontre de l'éthiopien avec Philippe est très belle : un homme, pas encore baptisé, qui adore Dieu et lit l'Ecriture et qui appelle Philippe, serviteur de la Parole, en marche au souffle de l'esprit, à l'accompagner sur la route du baptême. Une démarche libre de celui qui est en recherche et qui ne peut découvrir tout seul : besoin d'un autre pour le guider sur le chemin.
un dû pour la célébration d'un sacrement :
C’est clair que la célébration d'un sacrement n'est pas suspendue au versement d'un tarif. Et l'attitude des ministres de l'Eglise a pu le laisser croire.
Mais peut-être que certains pasteurs, curés, prêtres ou autres sont un peu étonnés ,aujourd'hui encore, d’avoir à répondre à une demande sans que l’on se préoccupe le moins du monde d'une gratitude lélémentaire (qui n’est pas que financière d’ailleurs !) – délicatesse… dans ce sens aussi donc... Cette gratitude, nous l’avons spontanément avec amis ou famille et il est juste de s’en souvenir à l’égard de ceux qui tentent de faire fonctionner le bateau Eglise. Il est vrai que la dépersonnalisation de « l’appareil » ecclésiastique a fait de ces ministres du culte des fonctionnaires de Dieu au cours de l’histoire – et on considère généralement que le fonctionnaire doit nous accorder ce à quoi nous avons droit. Comment améliorer ensemble nos relations ? Ou plutôt, comment les humaniser?
Simon : "Détourne-toi…prie le Seigneur : il te pardonnera peut-être" Pourquoi "peut-être ?
C’est que Pierre ne se sent probablement pas le droit de préjuger de l’attitude de Dieu et peut-être est-ce dû à la gravité du péché de Simon. Les biblistes remarquent en effet que Luc est le seul à insister autant sur le fait que le Saint Esprit est un don, un don gratuit. Pierre dénonce chez Simon une tentative d’acheter ce qui ne peut être que reçu gratuitement. Si c’est si grave, c’est probablement parce que l’on touche là à la substance même du salut en Jésus-Christ : sans aucun mérite de notre part, il donne sa vie pour nous sur la Croix. Chez Simon, la logique d’acquisition et de pouvoir n’a pas cédé face à la gratuité évangélique du don. En s’attaquant fortement à la « marchandisation de la grâce », Luc confirme aussi là son combat contre le pouvoir corrupteur de l’argent.
Il est possible aussi d’entendre ce « peut-être » comme une mise à l’épreuve de Simon. C’est une manière de lui faire comprendre que le pardon de Dieu a besoin de sa conversion en profondeur pour opérer. En lui laissant entendre que Dieu lui-même a toutes les raisons de s’interroger sur la profondeur de cette conversion (ce que pourrait signifier ce « peut-être »), Pierre veut probablement amener Simon à aller plus loin.
Simon s'en remet humblement à la prière des apôtres :
Oui, mais c’est peut-être aussi encore le signe de sa manière de concevoir le pouvoir religieux ou magique : « toi qui disposes du pouvoir spirituel, rends moi la divinité favorable ». Simon a-t-il compris que c’est d’abord à lui de faire le chemin de conversion personnelle ? A moins que cela ne souligne effectivement qu’il reconnaît la lucidité des apôtres quant à la gravité de sa faute. Luc manifeste peut-être ici qu’il est parfois difficile d’abandonner certains péchés et que l’entraide et l’intercession doivent jouer leur rôle dans la communauté chrétienne.
fr. Jean-François Bour
Dieu est toujours un mystère
8-33 Attitude de Jésus dans sa passion. Le Christ est allé jusqu'au Bout en pleine obéissance à so Père. Il a souffert comme un homme. Sur la croix est là tout son message.
Pour nous aujourd'hui: vivre sa vie là où l'on est par Amour de Dieu et de L'amour DE Dieu. Nous sommes créés capable d'aimer. L'essentiel est de semer l'Evangile. Nous avons cette mission.
Comme vous l’avez constaté, on ne sait pas, d’après le texte, si l’eunuque est juif, païen agrégé au judaïsme par la circoncision (prosélyte), ou païen sympathisant (craignant-Dieu donc non juif) c’est à dire un incirconcis qui adopte le monothéisme juif et certaines pratiques juives. Le texte ne dit rien à ce sujet.
Mais on connaît cependant bien son identité sociale : un homme puissant par sa charge, mais faible par sa condition d’eunuque. Pour dire les choses clairement, l’eunuque est en général un exclu que la littérature du monde antique, juive ou non, raille à souhait. Pour le judaïsme, l’eunuque n’est pas fréquentable, c’est un arbre sec qui, au Temple de Jérusalem, ne peut pas franchir la limite du parvis des païens. Il ne peut être agrégé au peuple d’Israël. Donc il est très possible qu’il soit simple craignant-Dieu. Mais on peut surtout conclure de tout cela que son baptême est à considérer comme une transgression par les chrétiens des normes culturelles admises, ce qui rejoint la pratique de Jésus lui-même : nul n’est exclu du Royaume et les marginalisés sont accueillis par le Fils de Dieu.
frère Jean-François Bourune équipe de St Maurice
« L’ange du Seigneur » : dans la Bible, c’est une expression qui désigne souvent Dieu lui-même, à vrai dire. Mais ce n’est pas étonnant puisque l’existence des anges est comprise, au cours des âges, comme une modalité de la manifestation de Dieu.
La croyance en l’existence des anges ou la dévotion pour les anges n’est pas du tout nuisible à la vie spirituelle et peut correspondre à une vraie confiance en la sollicitude de Dieu qui nous accompagne sur nos chemins. En évoquant les anges, on peut considérer tout bonnement que c’est Dieu qui nous rejoint, nous accompagne, nous protège. En effet, s’il est entouré de créatures spirituelles, celles-ci sont unies à Dieu et font sa volonté. Mais il arrive que notre vie spirituelle ait besoin de quelques intermédiaires, les anges, les saints, les proches défunts parfois ; peut-être parce que nous avons besoin d’être accompagnés jusqu’à Dieu lui-même dont la rencontre nous impressionne encore.
Peut-on finalement qualifier « d’anges » ceux qui nous accompagnent ou nous aident ? Pourquoi pas. Mais même là, c’est toujours une façon de dire que Dieu nous rejoint, en la personne d’un frère ou d’une sœur qui prend soin de nous, nous accompagne ou nous console.
L’idée centrale est là : Dieu nous rejoint. Il le fait de multiples façons, et nous envoie des signes. Evoquer les anges n’a rien de déplacé, à condition de se souvenir que par eux, Dieu vient à nous et que, toujours, ils nous tournent vers Dieu ; à condition aussi de ne pas verser dans un imaginaire ésotérique car le monde spirituel n’appartient qu’à Dieu et nous ne saurions le décrire.
fr. Jean-François
Exemple : "Quatrième rencontre; actes 9,10,11, et 12" devrait s'inscrire" avant le titre"Baptème de Saul et de Corneille ,en tête de la page 40 et non seulement de page 48
vérité de foi. Par fonction ils sont messagers (mais ils ne sont pas les seuls) et par nature ils sont esprits (cf St Augustin commentaires sur les Psaumes)
Ce passage distingue en effet deux réalités qui se trouvaient conjointes dans le discours de Pierre à ses frères le jour de la Pentecôte. Nous y lisions : « convertissez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ pour la rémission de vos péchés, et vous recevrez le don du Saint-Esprit, car elle est pour vous la promesse… » (Ac 2, 38).
Le baptême de conversion au nom du Seigneur Jésus Christ (v.12) et la réception de l’Esprit de la promesse (v.15) se trouvent à présent dissociés. Cette dissociation révèle la pédagogie de Luc. Il sait qu’on ne peut ni séparer, ni opposer Jésus à l’Esprit, puisque l’unique mystère du salut divin est constitué par l’action du Ressuscité dans la puissance de l’Esprit Saint. Mais ce mystère est la résultante de deux dynamismes qu’il serait erroné de confondre. Aussi l’auteur nous décrit-il l’évangélisation des Samaritains en deux volets : adhésion à Jésus Christ et accueil de l’Esprit Saint.
L’enjeu n’est peut-être pas tant d’insister sur l’autorité des apôtres que d’articuler, à cette étape du christianisme naissant, le baptême qui manifestait essentiellement alors le mouvement intérieur et volontaire d’une personne qui se repent et se convertit (selon la doctrine même de Jean Baptiste) et la venue de l’Esprit Saint, don purement gratuit de Dieu et dont les témoins de la résurrection sont les canaux privilégiés (mais pas les seuls comme on le voit pour Corneille et sa famille).
fr. Jean-François (voir « Témoins de la Parole de la Grâce », P. Bossuyt et J. Radermakers, Ed de l’Institut d’Etudes Théologiques de Bruxelles, 1995, Bruxelles, p.289)
Quel est le lien entre la présentation de Paul à l'empereur et le fait que Dieu t'accorde la vie de tous ceux qui sont sur le bateau avec toi?
Qui sont les prisonniers avec Paul?
Nous pouvons trouver quelques éléments de réponse à la première question, mais il n’y en a guère pour la seconde.
Si l’on veut comprendre l’affirmation de l’ange à Paul en 27, 24, peut-être faut-il revenir à la fin de l’exposé que Paul faisait de sa foi à Agrippa et Festus (26, 24-32) – Paul vient d’exprimer le vœu que ses auditeurs parviennent à la même expérience que lui, expérience du salut tel qu’il l’expérimente depuis le chemin de Damas. La séance est levée alors qu’à propos du Ressuscité l’affirmation de Paul manque de preuves : « tu es fou, Paul ! » s’écrie Festus. Non, il n’y a pas de preuves, il y a seulement des témoins, des personnes qui font l’expérience de la vie du ressuscité qui les remplit et les relève. C’est ici, très clairement la mise en avant du témoin par le livre des Actes : le chrétien donne à voir le Christ lui-même et au milieu des chaînes il proclame la vie avec une liberté unique – car le ressuscité lui a déjà donné le salut. Et Paul veut être témoin de cela pour les petits et les grands qui ont tous besoin de ce salut : 26, 22 « devant petits et grands ». Mais ce message peut-il être entendu ? C’est toute la question.
Dans la suite, et au cours du voyage, s’esquisse une réponse : le témoin porte sur lui la marque de la promesse du salut en Jésus-Christ. C’est plus qu’une marque, c’est même de la part de Dieu un acte : la vie du Christ se communique par le témoin. Et le lieu même où le message peut-être entendu, où le salut peut être reçu, c’est là où il n’y a plus de salut à attendre : ils s’attendaient à mourir, après l’erreur qu’ils ont faite de prendre la mer en une saison où la navigation devenait risquée. Là, le salut de Dieu demeure pourtant offert et Paul qui en témoigne pour les petits et les grands est ici, à l’image du Christ, celui qui, au milieu du désastre (rappelant la Passion de Jésus), fait briller l’espérance et la promesse de Dieu. On peut être un peu dérouté par cette importance donnée à Paul : Dieu lui donne la vie de ceux qui naviguent avec lui ; c’est une étonnante proximité avec ce que Dieu a donné à Jésus.
Mais c’est cohérent avec l’esprit des Actes, et avec l’esprit de l’Evangile : Nous portons par l’Esprit, en des vases d’argile certes, mais vraiment, la puissance de la Parole de Dieu, la force de la charité, la lumière du ressuscité et avons à rester attentifs, surtout en situation de faiblesse, à ceux que Dieu peut relever par notre témoignage – ce qui ne signifie pas « notre érudition » mais d’abord « notre expérience vécu du salut en Jésus-Christ ».