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Jeudi 20 novembre 2008 4 20 /11 /2008 10:06

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Par Comité de Pilotage - lecture du Livre des Actes - Publié dans : Questions Réponses
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Commentaires

Les questions posées nous sont très précieuses. Le paragraphe "méditer" nous apporte un éclairage intéressant quant à la marginalisation multiple du paralysé Nos rencontres nous posent quelques interrogations: - la mort radicale de'Ananie et Saphire nous a semblé en désaccord avec la miséricorde de Dieu. - ce "péché originel" des chrétiens, constitué d'un mensonge (lequel?) qui met l'eglise en danger (de quel danger s'agit-il?) nous n'avons pas compris!
Commentaire n°1 posté par jacqueline LANDRIN le 16/12/2008 à 21h00
Pouvez vous nous éclairer sur le dernier paragraphe de la page 29 du livret au sujet de Ananie et Saphire ?

REPONSE/
Il faut bien comprendre qu’Ananie et Saphire n’ont pas refusé le partage, mais par vanité ils souhaitaient être comptés parmi les disciples généreux (Ils cèdent en fait au piège du « paraître ») et par crainte de l’avenir ou cupidité, ils ont gardé une partie pour eux sans le dire. Pierre ne leur reproche pas de vouloir garder une partie pour eux, mais d’avoir menti à l’Esprit Saint. Pierre craint que le diable (dont le nom signifie qu’il divise) n’inspire des disciples et fasse entrer dans la communauté unie dans « l’Esprit de vérité » un germe de destruction. L’unité de l’Église est en jeu et, après nous avoir montré une communauté presque idéale, Luc nous la montre poussée par l’Esprit mais aussi faillible et blessée : une Église qui a besoin d’être guérie par Dieu. L’Église n’est pas un cercle de purs. Le mal n’est pas à chercher obligatoirement en dehors d’elle, mais bien aussi au-dedans.
On peut se demander cependant si Luc a bien fait d’exposer ainsi ce sombre épisode que n’éclaire aucun appel à la repentance : la sanction est terrible, immédiate, dramatique. C’est que le livre des Actes veut sans doute ici frapper notre esprit et fait entendre un avertissement sévère à l’Eglise : Plus que les ennemis extérieurs qui ne peuvent la détruire que par la répression physique, elle doit redouter ce qui menace de l’intérieur son unité, en faisant l’œuvre du diviseur. La grande crainte qui saisit toute l’Eglise est à la mesure de la grande grâce qui repose sur elle – une grâce exigeante qui suscite dans les cœurs la crainte salutaire de désobéir au Dieu saint. Luc rejoint l’épître aux hébreux : « servons Dieu d’une manière qui lui soit agréable, avec soumission et avec crainte. Car notre Dieu est un feu dévorant » (Hébreux 12, 28…). Et dans le cas des Actes, le partage des biens reçoit une extrême gravité : il respecte des exigences qui sont à la hauteur du don de Dieu à chacun des chrétiens.
fr. Jean-François Bour (s’appuyant sur Daniel Marguerat et Ch. L’Éplattenier)


sur la question du "péché originel" :

Pourquoi cette expression “péché originel”? N’oublions pas que dans la pensée chrétienne, il s’agit d’un concept très spécialisé qui désigne une chose très précise. Elle n’a donc pas sa place ici, car il n’est aucunement question du péché originel.

Quant à Ananie et Saphire, ils sont bel et bien accusés d’avoir menti à l’Esprit Saint. Il se trouve qu’ils ont choisi un certain opportunisme en s’agrégeant à la communauté des disciples de Jésus. On pourrait considérer qu’ils ne cherchent pas à vivre selon l’exigence présentée par Jésus à la Samaritaine: être des adorateurs en esprit et en vérité. Car désormais, il s’agit de s’approcher de celui dont les Evangiles disent qu’il “connaît ce qu’il y a dans l’homme”. On ne peut donc pas manoeuvrer (même pas pieusement) pour se le rendre favorable à bon compte. A plusieurs reprises Jésus devance ses adversaires et il est dit qu’il connaît leurs pensées. Pourquoi cette insistance ici? Parce que le Nouveau Testament place chacun de nous devant sa vérité profonde, nu devant Dieu. Un psaume nous le rappelle: “nul ne peut racheter son frère”. Il montre en réalité qu’il n’y a que Dieu qui le puisse, à condition d’accepter de paraître devant lui, tel que l’on est. Le trafic d’Ananie et Saphire ne concerne que peu le domaine matériel car il ne sont pas accusés de n’avoir pas tout donné. Leur péché n’est même pas dirigé contre l’Eglise car ils ne lui nuisent pas directement. Mais ils sont surtout les auteurs d’un petit arrangement que Dieu seul peut voir et révéler. Ils vont vers la communauté chrétienne et espèrent sans doute de cette agrégation, fraternité, solidarité matérielle, et Salut pour leur âme de par la Puissance du Christ; mais en même temps, ils prennent soin de ménager leurs arrières pourrait on dire, au cas où… Au cas où tout ceci ne marcherait pas, peut-être, au cas où il faudrait se replier vers une autre source de salut. Mais même ceci n’est pas le plus grave. Ananie et Saphire ne se rendent pas compte que l’on ne peut pas faire croire aux ministres de l’Eglise une chose en en pratiquant une autre et penser en même temps que l’on est juste devant Dieu, que l’on est “en règle”.

Et le plus remarquable ici est que les chefs de l’Eglise ne sont pas censés se faire justice eux-mêmes. Il y a ici comme l’annonce de la faiblesse de l’Eglise, du péché qui guette ses fidèles tout au long de l’histoire. L’Eglise pourra être manipulée, elle pourra servir aux opportunistes, et l’hypochrisie ne l’épargnera pas. La réponse de Dieu est simple: laissez le jugement à Dieu. Mais il y a un autre versant à cette méditation: il est rappelé, comme en négatif, que Dieu seul voit bien le fond des coeurs, même s’il peut le révéler exceptionnellement à certain de ses serviteurs (on peut penser ici au Curé d’Ars). Et si Dieu seul voit le fond des coeurs en toute vérité, nul ne pourra lui dissimuler ses mauvaises pentes. En même temps, Dieu seul voit bien; attention donc de ne pas juger sur les apparences, bonnes ou mauvaises, le comportement d’autrui. Dieu saura bien juger de ce qu’il y a vraiment dans les coeurs.

 

fr. Jean-François Bour
Réponse de Comité de Pilotage - lecture du Livre des Actes le 18/12/2008 à 11h10
Les Scribes et les Pharisiens sont étonnés que ce signe soit accompli par des gens sans "instruction", eux qui étaient imbus de leurs connaissances.Qu'y a-t-il derrière ce mot"instruction"? Avaient-ils tous une connaissance approfondie de l'Ancien testament ou avaient-ils la couleur d'une tradition juive venue de leurs ancêtres comme de nombreux chrétiens vivaient, il n'y a pas si longtemps, d'une tradition chrétienne sans avoir approfondi leur Foi? D'autre part nous aimerions savoir quel était le rôle des lévites dans le Temple. Nous avons trouvé des sens aux différents noms donnés à Jésus. Est-ce exact? est-ce complet? serviteur:de Dieu pour le service des hommes messie: attendu depuis l'A.T, personnage consacré par le Seigneur, le libérateur futur juste: car venu nous justifier, nous sauver ( pendant la dernière guerre, ceux qui ont sauvé des Juifs sont appelés"justes" par les Juifs actuels prophète: inspiré, parlant au nom de Dieu, appelle à se convertir, met en garde.
Commentaire n°2 posté par Clement le 19/12/2008 à 19h27

Le sacerdoce juif et l’enseignement de la Tora

 

Après l’exil à Babylone, les prêtres de Jérusalem demeurent la seule institution d’Israël (la royauté et le prophétisme institué disparaissent).

A côté du culte, les prêtres ont aussi pour fonction essentielle d’enseigner la Tora : récits des origines d’Israël et lois données par Dieu à Moïse. Au cours des 400 ans qui précèdent Jésus-Christ, l’émergence du pouvoir exclusif des Prêtres du Temple prépare le judaïsme que connaîtra Jésus. Le Pentateuque reçoit alors sa forme définitive et contient ce qu’on appelle dans les évangiles « la Loi », la Tora : comment doit être la Demeure de Dieu, le culte, les règles de pureté et d’impureté, les lois sociales, l’amour du prochain (Lévitique 19, 18) et autres principes moraux. Parmi les lois, l’une des plus importantes est celle du Sabbat, car elle est le signe distinctif de la relation singulière qui unit Israël au Seigneur. La théologie sacerdotale de la Présence de Dieu dans la terre d’Israël implique comme corollaire important l’exigence de la pureté d’Israël qui repose sur un rejet de tout péché et de toute impureté et un respect scrupuleux des commandements. Cela se traduit par de nombreuses exigences que l’on trouve en Lévitique chap 18 à 20. Le culte du Temple visait aussi régulièrement, à restaurer la pureté du territoire souillé par les péchés et les transgressions des commandements de Dieu.

 

Quelques repères historiques :

Au retour de Babylone, le grand prêtre du Temple devient le chef du peuple et reçoit désormais l’onction quasi royale (il est même appelé « prêtre-messie »). En 175 avant J.C. le dernier grand prêtre légitime Onias III (descendant d’Aaron) est déposé et remplacé par des usurpateurs de classes sacerdotales inférieures. Son successeur légitime Onias IV partit fonder un Temple en Égypte.

En 142 (av. JC) une famille de prêtres s’autoproclame dynastie royale : les Hasmonéens ; plus tard Hérode le Grand dont le père servait cette famille comme ministre, épousa une fille de la dynastie Hasmonéenne, ce que fit aussi son fils Hérode antipater). En Israël donc, la famille hasmonéenne accapare le titre sacerdotal, prend le pouvoir politique et adopte de nombreuses coutumes grecques. De nombreux courants juifs se développent alors en réaction à cette usurpation, Assidéens, Esséniens et Pharisiens ne considéraient pas le culte comme légitimement assuré par cette dynastie. Les saducéens, légitimistes et fondamentalistes, qui se recrutent parmi les hautes familles sacerdotales et leurs partisans furent également opposés aux hasmonéens mais pour un temps seulement, car ils deviennent par moments les principaux soutiens de la dynastie en place. Ceci étant, ces courants revendiquent tous une connaissance approfondie de la Tora et des commandements, ainsi qu’une parfaite compétence quant à leur application.

Il faut donc bien remarquer que la fonction de « Grand prêtre » a traversé une grave crise au sein du judaïsme pendant les deux siècles précédant la mort du Christ. Sa légitimité était fortement contestée. Ceci explique pourquoi d’autres courants juifs ont cherché un exercice nouveau de la religion, séparé du culte « non valide » du Temple de Jérusalem.

 

Qui enseigne la Loi ?

Si l’enseignement de la loi fait partie des fonctions sacerdotales (grand-prêtres et lévites), depuis 200 avant J.C. environ, cet enseignement de la Loi finira par se développer parmi des scribes laïcs. Le mouvement pharisien bénéficiera de leur état d’esprit.

Scribe : vers l’âge de 40 ans, on était ordonné scribe, ce qui conférait autorité dans les décisions juridiques (en grec biblique on le nomme aussi « légiste »). Au sanhédrin il pouvait siéger de droit. Le Scribe est un spécialiste de l’application de la Loi, un « docteur de la Loi ». On a gardé la mémoire de grands scribes réputés, tel  Hillel et Chammai (20 avant J.C.), ou Gamaliel. Souvent les scribes appartenaient aussi à la mouvance pharisienne qui avait repris en partie leur flambeau au début de la crise du haut sacerdoce. Ni Jésus, ni les apôtres n’ont reçu cette savante formation.

Le courant des scribes fut puissant et à partir du retour d’exil et il cherchait à former le peuple pour lui donner une meilleure connaissance de la révélation donnée à Moïse. Le courant Pharisien prit la relève à l’époque hasmonéenne de cette démocratisation de la connaissance de la Tora.

Il est probable qu’au temps d’Esdras, au retour de Babylone, le Grand-Prêtre ait gouverné en s’entourant d’un corps de scribes laïcs et de prêtres compétents en matière d’interprétation de la Tora. L’organisation de ce corps évoluera jusqu’à donner le fameux « conseil des anciens » ou Sanhédrin regroupant des membres des divers courants juifs, mais tous grands maîtres de la Tora.

 

Quand on parle du sacerdoce dans le judaïsme ancien, on doit parler des lévites.

Les lévites sont comme on le sait les membres de la tribu de Lévi. Cette tribu n’avait pas reçu de territoire lors du partage mais ses membres s’occupaient plus particulièrement des tâches cultuelles, à Jérusalem et ailleurs dans les sanctuaires secondaires, quand il y en avait. Il faut noter que traditionnellement seuls les descendants d’Aaron pouvaient accomplir les grands rites au Temple de Jérusalem et diriger les cérémonies. Les lévites affectés au Temple remplissaient des fonctions diverses, chantres, offices de prières, scribes, juges, portiers, instrumentistes, responsables et gestionnaires du trésor du Temple, enseignement de la Loi.

 

 

 

Les titres messianiques de Jésus :

      

Il est en effet intéressant de voir comment on a appelé Jésus dans le Nouveau Testament :

kyrios : le titre de Seigneur (kyrios en grec) est appliqué à Jésus en tant que Christ qui a été ressuscité et exalté par Dieu : le crucifié est le Seigneur parce qu’il est désormais « le Vivant » enfanté à la Seigneurie même de Dieu par sa résurrection.

Fils de Dieu : « Jésus Fils de Dieu » est un titre qui suppose toujours une élection, une adoption. Le titre de Fils de Dieu est attribué à Jésus en raison de son comportement vis-à-vis de celui qu’il désigne comme son abba.  Ce rapport particulier est confirmé par la résurrection où le Père agit avec toute sa puissance. Le titre de Fils est inséparable de celui du Père.

Messie : « attendu depuis l'A.T, personnage consacré par le Seigneur, le libérateur futur » ; vous avez raison, et il faut toujours ajouter que le messianisme de Jésus est un messianisme pascal, car le Nouveau Testament lui-même pressent qu’il y a une ambiguïté difficile à lever autour de ce titre. En effet le messie Jésus n’est pas venu pour restaurer la royauté temporelle politique d’Israël. C’est pourquoi Jésus entretien le secret, interdit qu’on parle des guérisons. Il veut lutter contre les attentes ambiguës qui s’expriment autour de lui. C’est la Croix et la Résurrection qui dessinent les vrais contours de sa messianité, de sa royauté. Peu à peu c’est vers l’idée d’un messie, médiateur jouant le rôle de passeur vers les derniers temps, vers l’accomplissement définitif que le Nouveau Testament nous oriente, mais comme à tâtons car c’est le titre le plus difficile à manipuler pour lui.

Fils de David : Derrière la figure du Fils de David se profile le désir de proclamer que Jésus est celui qui accomplit la promesse faite à David. Et par là même sont proclamées accomplies les promesses faites à Israël. « Dieu est fidèle », tel pourrait être la conviction attendue de cette acclamation « fils de David ! ».

Fils de l’homme : c’est le titre le plus utilisé par les évangiles. Il est probable que ce soit là le titre que Jésus s’est le plus appliqué à lui-même. Le titre évoque les temps nouveaux désormais inaugurés, et réellement en gestation dans ce temps présent en la personne de Jésus, que ce soit avant la Croix ou après la Résurrection. Le titre Fils de l’homme est le plus haut titre de Jésus car il fait toujours contempler en même temps le Jésus vivant sa vie cachée, sa vie terrestre avec ses disciples et le Jésus exalté dans la Gloire, régnant éternellement auprès du Père.

serviteur: le titre de serviteur est celui qui proclame que Jésus a donné sa vie pour la multitude et que cet amour manifesté appelle en retour de la part de Dieu l’attestation de la Résurrection. Jésus est le « serviteur », c’est à dire l’être pour les autres. Cela deviendra la marque de fabrique du chrétien, dès l’origine. Ce titre est à rapprocher de celui de Juste qui met en plus l’accent sur la sainteté et l’innocence du serviteur, mais aussi sur sa constance dans la foi et sa fidélité à ce que Dieu commande.

Le prophète (inspiré, parlant au nom de Dieu, appelle à se convertir, met en garde): le Nouveau Testament fait référence à Jésus Prophète, mais il faut toujours comprendre qu’il parle du Prophète eschatologique. Derrière cette expression un peu barbare, il est question non pas simplement du prophète tel que l’entendait l’Ancien Testament, mais d’abord et avant tout de celui qui annonce le Salut d’une manière définitive, véridique et en Plénitude. Il donne par toute sa vie l’interprétation définitive de la Révélation en vue du Salut du monde, d’Israël et des Nations. Sa Croix elle-même atteste aux Juifs, selon le Nouveau Testament, qu’il est bien prophète : car l’issue d’une prédication prophétique fidèle ne peut être que fatale. Mais la Résurrection laisse voir combien Jésus est le porte parole agréé par Dieu, qu’Il est son Verbe même.

Voici pour les principaux…

            

fr. Jean-François Bour
Réponse de Comité de Pilotage - lecture du Livre des Actes le 27/12/2008 à 22h23
Je reviens sur la première question posée au sujet de la méditer page 29 dernier paragraphe. Vous répondez : reportez-vous aux réponses similaires déjà données sur le blog. Je ne suis pas un spécialiste d'Internet et je suis incapable de trouver les réponses déjà données. Je reformule la question : "L'épisode...décrirait une sorte de"péché originel" constitué d'un mensonge qui met l'Eglise en danger. Pouvez vous nous aider à éclaircir ce point? Je vous remercie de votre aide si je peux parvenir à vos ré^ponses.
Commentaire n°3 posté par Daniel Partent le 21/12/2008 à 18h36

Désolé d’avoir trop brutalement renvoyé aux autres questions. N’hésitez pas à ouvrir telle ou telle page ; les questions sont en effet classées dans plusieurs pages, selon qu’elles concernent les premières rencontres ou les suivantes. Vous trouverez cela dans les pages d’accueil du blog. Il suffit de « naviguer » un peu comme on dit. Les questions déjà posées sont intéressantes et les réponses également.

Voici ce que nous proposions comme réponse au sujet d’Ananie et Saphire :

Il faut bien comprendre qu’Ananie et Saphire n’ont pas refusé le partage, mais par vanité ils souhaitaient être comptés parmi les disciples généreux (Ils cèdent en fait au piège du « paraître ») et par crainte de l’avenir ou cupidité, ils ont gardé une partie pour eux sans le dire. Pierre ne leur reproche pas de vouloir garder une partie pour eux, mais d’avoir menti à l’Esprit Saint. Pierre craint que le diable (dont le nom signifie qu’il divise) n’inspire des disciples et fasse entrer dans la communauté unie dans « l’Esprit de vérité » un germe de destruction. L’unité de l’Église est en jeu et, après nous avoir montré une communauté presque idéale, Luc nous la montre poussée par l’Esprit mais aussi faillible et blessée : une Église qui a besoin d’être guérie par Dieu. L’Église n’est pas un cercle de purs. Le mal n’est pas à chercher obligatoirement en dehors d’elle, mais bien aussi au-dedans.

On peut se demander cependant si Luc a bien fait d’exposer ainsi ce sombre épisode que n’éclaire aucun appel à la repentance : la sanction est terrible, immédiate, dramatique. C’est que le livre des Actes veut sans doute ici frapper notre esprit et fait entendre un avertissement sévère à l’Eglise : Plus que les ennemis extérieurs qui ne peuvent la détruire que par la répression physique, elle doit redouter ce qui menace de l’intérieur son unité, en faisant l’œuvre du diviseur. La grande crainte qui saisit toute l’Eglise est à la mesure de la grande grâce qui repose sur elle – une grâce exigeante qui suscite dans les cœurs la crainte salutaire de désobéir au Dieu saint. Luc rejoint l’épître aux hébreux : « servons Dieu d’une manière qui lui soit agréable, avec soumission et avec crainte. Car notre Dieu est un feu dévorant » (Hébreux 12, 28…). Et dans le cas des Actes, le partage des biens reçoit une extrême gravité : il respecte des exigences qui sont à la hauteur du don de Dieu à chacun des chrétiens.

fr. Jean-François Bour (s’appuyant sur Daniel Marguerat et Ch. L’éplattenier)

 

Réponse de Comité de Pilotage - lecture du Livre des Actes le 27/12/2008 à 22h24
1)Les femmes étaient-elles autorisées à pénétrer dans le temple? 2)Que signifie "pécher contre l'Esprit" ?
Commentaire n°4 posté par Thérèse le 24/12/2008 à 16h34

Les femmes étaient-elles autorisées à pénétrer dans le temple?

 

Il est vrai qu’il existait dans le Second Temple un espace appelé la Cour des Femmes ; toutefois, ce parvis n’était pas réservé exclusivement aux femmes et aucune source halakhique n’évoque une limite à l’accès des femmes dans le Temple. Le nom de parvis des femmes fut probablement donné en raison du grand nombre de femmes qui demeuraient dans cet espace et de nombreux témoignages indiquent que ce parvis était fréquenté également par des hommes sans qu’il y ait une séparation entre les sexes. De plus les femmes apportaient des sacrifices au Temple.

Une séparation sur le parvis du Temple

Cependant, une séparation, probablement constituée d’amphores, fut édifiée sur ce parvis probablement à l’occasion de la fête du puisement de l’eau (appelée Simhat Brit Hashoéva, cette fête se déroulait le 3ème jour de Soukkot) : cette décision rabinnique fut prise pour éviter toute "frivolité" au cours de cette fête très prisée et joyeuse. Pour modifier la disposition interne du Temple alors que celle-ci est décrite dans la Bible, les rabbins de l’époque ont justifié leur décision de construire cette balustrade en s’appuyant sur un verset du prophète Zacharie qui recommande de séparer hommes et femmes en période de deuil (Zacharie 12:12). Malgré tout, la Michna et la Tossefta affirment que l’édification de cette séparation est un décret des rabbins et non une obligation de la torah : de plus, on ne déduit généralement pas de loi d’un verset provenant d’écrits prophétiques. Il faut aussi rappeler que cette séparation entre hommes et femmes était temporaire et ne concernait que cette fête, une fois dans l’année.

La question de l’impudicité (ervat devar) se fonde sur un verset du Deutéronome qui rejetterait toute promiscuité entre hommes et femmes : "il ne faut pas que Dieu constate chez toi une chose deshonnête" (Deutéronome 23:15). Cependant ce passage n’évoque pas la séparation entre les sexes et exige surtout d’éviter toute impureté au sein du camp des Hébreux.

Les sources historiques tendent à confirmer l’absence de toute séparation entre hommes et femmes à l’époque du Premier et du Second Temple. Ainsi la lecture publique de la Torah réunissait hommes et femmes ensemble comme l’attestent les versets bibliques (Deutéronome 31:10-12) ou prophétiques (Néhémie 8:1-2). De même, il n’existe aucune preuve archéologique ou littéraire de l’existence de séparation (mekhitsa) ou de galerie pour les femmes au cours de la période antique et talmudique.

 

Seuls les prêtres avaient accès au temple et à son parvis appelé «cour des Prêtres». Jésus et les siens n'ont donc jamais franchi les portes du temple proprement dit. Ils pouvaient apercevoir le temple et l'autel des sacrifices depuis la «Cour d'Israël» réservée aux hommes juifs. Ceci nous pousse donc à dire que les femmes dont la cour se trouvait juste avant la cours d’Israël réservée, elle, aux hommes (qui pouvaient donc s’approcher plus près du lieu sacrificiel et du saint des saints) devaient donc quant à elles rester un peu plus en retrait (derrière la cour d’Israël où seuls les hommes pouvaient monter). Ceci est assez logique dans un peuple très hiérarchisé, notament en ce qui regarde le culte au Temple, et où l’on dénombre généralement les groupes par le nombre d’hommes, sans tenir compte des femmes et des enfants (on en a des exemples dans les dénombrements de foule lors des multiplications des pains de l’évangile).

voyez site de La communauté juive libérale d'Ile-de-France (http://www.cjl-paris.org/SP/spip.php?article2 )

et aussi    http://www.bibliorama.fr/archeo/culte%20AT.htm

 

1)   Que signifie "pécher contre l'Esprit" ?

Il faut relire Marc 3, 20-35. Et se souvenir que le clergé et les scribes de Jérusalem avaient une très mauvaise opinion des galiléens en leur ensemble, population très mêlée et ramenée sous autorité juive depuis seulement une centaine d’année, à l’époque de Jésus. Il y a donc un a-priori très négatif et cela n’est pas sans rôle dans la qualification de leur péché. L’accusation des envoyés de Jérusalem est claire: “il a un esprit impur”, et “c’est par le prince des démons qu’il chasse les démons”. Ceux qui portent cette accusation sont au premier chef ceux qui doivent pratiquer le discernement des esprits afin de bien guider le peuple. Jésus leur répond sèchement qu’il est totalement déraisonnable de supposer l’autodestruction de Satan par division contre lui-même. De plus la réponse de Jésus a un ton provocateur puisqu’il se présente finalement comme le détenteur de la force et comme l’auteur d’une stratégie offensive à l’égard de Satan: Il faut d’abord neutraliser les esprits impurs avant de leur arracher leur proie. Ainsi donc, Jésus présente là un signe de la puissance du Règne de Dieu qui vient détruire l’emprise du démon. Dans ces conditions les allégations des scribes sont erronées et constituent un péché irrémissible. Vu leur fonction dans le discernement des esprits, les scribes tombent sous le coup d’une condamnation sans appel lorsqu’ils accusent Jésus d’être possédé ou affirment que ses exorcismes sont le fruit d’une action diabolique. Ils commentent en cela, non seulement une faute grave contre Dieu, car ils sont incapables de laisser leur a-priori pour voir l’action bénéfique de l’Esprit de Dieu même hors des cadres qu’ils ont fixés. Et de plus ils commettent une faute grave contre les hommes, leurs frères qui attendent la libération de l’aliénation, en jetant sur l’acte bon une condamnation sous couvert de la très haute autorité dont ils sont revêtus. Ils sont en fin de compte coupables de pousser ici les petits et les ignorants dans un véritable scandale alors qu’ils sont censés le leur éviter: ceci, ailleurs dans l’évangile, pousse Jésus à émettre un autre de ces jugements extrêmement sévères (Mc 9, 42).

Ici, traiter des actes de libération d’origine divine comme des actions démoniaques ne peut se faire que sous l’emprise des forces du mal. Et ceux qui penchent de ce côté témoignent d’une telle opposition aux forces de vie, pour eux-mêmes et pour autrui, qu’il n’y a plus d’espoir de les en tirer.

Je crois que dans tout cela il y a aussi l’idée fondamentale que le bien possède une évidence et que l’homme n’est pas à ce point marqué par le péché qu’il puisse prendre un bien évident pour un mal. L’homme créé bon peut toujours reconnaître la bonté qui apparaît devant ses yeux avec une sorte d’évidence. C’est très optimiste quant à la nature de l’homme. C’est optimiste aussi quant à la capacité toujours présente en l’homme de percevoir la lumière divine. Et, si comme ces scribes, il finissait par ne plus même voir ce qui est clairement bon et lumineux, parce que venant de l’Esprit de Dieu, c’est peut-être justement parce qu’il le voudrait bien, ou qu’il aurait tué, perverti en lui, cette clairvoyance qui lui vient du créateur. (rapprochez Lc 12.10–12 d’Ac 4.16–18).

 

fr. Jean-François Bour
Réponse de Comité de Pilotage - lecture du Livre des Actes le 08/01/2009 à 21h12
Suite à la deuxième rencontre de notre équipe qui s'est déroulé le 03/12, je me décide enfin à publier les commentaires recueillis. "On est tous comme le paralysé, handicapés, prisonniers d'un tas de choses (préjugés, supertitions, peurs, doutes). Les croyants sont cetainement plus libres, plus confiants." "On pense toujours faire ce qu'il y a de mieux pour les autres, mais est-ce suffisant ?" "Les gens aimeraient que se passent des choses fortes. Ils vont au temple en pensant qu'il va se passer quelque chose alors que c'est dehors, devant la porte du temple, qu'il se passe quelque chose." Les gens ont besoin d'autres choses que de l'argent : ils ont besoin de considération, d'affection." "Pierre et Jean sont emprisonnés puis relâchés. Il n'est pas possible de les maintenir enfermés : on n'emprisonne pas la Parole." La mort de Armanie, puis celle de Saphire, a choqué notre groupe : la punition semble dure. Mais ils ont mentis, sont hypocrites et malhonnêtes : is vont au temple mais n'ont pas le coeur pure. C'est le "paraître" qui est important pour eux. Découlent de cette lecture des réflexions d'ordre général, plus actuelles : Les non-croyants attendent-ils quelque chose des chrétiens ? Lydie SAUVESTRE Secrétaire de l'équipe de lecture d'Isabelle CHAPONOT Paroisse Saint Martin Val d'Amboise
Commentaire n°5 posté par Lydie le 02/01/2009 à 10h38
Merci beaucoup de ces commentaires, qui donnent à réfléchir ; exemples :
- c'est dehors, devant la porte du Temple, qu'il se passe quelque chose...
- on n'emprisonne pas la Parole...
A la question "les non-croyants attendent-ils quelque chose des chrétiens ?", une première réponse sera donnée le 18 janvier lors de l'Assemblée diocésaine, qui travaillera sur les retours d'enquêtes faites par les EAP, mouvements services pendant le temps d'Avent.
Réponse de Comité de Pilotage - lecture du Livre des Actes le 02/01/2009 à 11h59
quelques convictions : Admiration de l'enthousiasme de Pierre et Jean qui ne doutent pas, n'ont aucune peur, qui sans cesse proclament malgré les difficultés et les menaces, leur foi en Jésus. Désir de ne laisser personne à la porte de l'Eglise. Laisser Dieu entrer en nos coeurs et le laisser agir. Exigence de la charité pour les chrétiens ( n'avoir qu'un coeur et qu'une âme. Les miracles peuvent seulement s'obtenir par la charité manifestée au prochain. Un effort toujours à recommencer!
Commentaire n°6 posté par Madeleine de Sazilly le 09/01/2009 à 18h34
pourquoi puni-t-on de mort Ananie et Saphire qui ont voulu préserver une part de leurs biens?
Commentaire n°7 posté par Galland le 15/01/2009 à 16h19
Merci de vous reporter aux trois ou quatre réponses déjà données. Merci
Réponse de Comité de Pilotage - lecture du Livre des Actes le 29/01/2009 à 12h29
pourquoi l'accord entre Ananie et Saphira mettrait-il à l'épreuve l'Esprit du Seigneur ? L'homme habité par l'Esprit est-il constamment mené par lui, dans toutes ses actions ? quid alors de notre liberté et responsabilité ?
Commentaire n°8 posté par Dattée Elisabeth, équipe Charroi, Christ-Roi le 24/01/2009 à 18h05

Mais en ce qui concerne Ananie Et Saphira, ils ont bel et bien fait preuve de liberté et de responsabilité en ce qui concerne la gestion de leurs biens – Pierre estime même cela comme recevable et concevable. Ils ne commettent en la matière aucune faute. Regardez bien ce qui leur est reproché ! Ils sont accusés d’avoir prétendu apporter l’intégralité de leur vente au partage communautaire, alors qu’il n’en était rien. C’est sur leur mensonge que se porte l’accusation et sur ce que ce mensonge laisse supposer (en quoi les Actes ne sont pas très explicites, j’en conviens). On peut penser que s’ils avaient tout simplement apporté une somme au partage sans laisser croire que tout était là, et sans faire mystère de ce qu’ils avaient jugé bon de conserver par ailleurs, il n’y aurait alors pas eu de problème.

Peut-être le message est-il ici adressé à ceux qui pensent pouvoir se mettre en règle « religieusement », c’est à dire au regard de la simple « pratique religieuse », alors que Dieu voit le fond des cœurs et qu’il est nécessaire de commencer par convertir le cœur, et ces « zones grises » que Dieu seul voit.

Voyez aussi les autres réponses déjà données à cette question.

fr. JF Bour

Réponse de Comité de Pilotage - lecture du Livre des Actes le 26/01/2009 à 14h51
Pourquoi l'infirme était-il à côté de la Belle-Porte? et pourquoi ce mot est il écrit en majuscule? Que vient faire la phrase:Ainsi viendra le temps du repos... dans cette partie?
Commentaire n°9 posté par thiebaut le 25/01/2009 à 14h57

Les différentes portes du Temple d’Hérode à Jérusalem portaient des noms: “Porte de Suze”, “Porte de Nicanor”… La Belle-Porte est vraisemblablement le nom d’une de ces portes, ce qui explique les majuscules. Mais on ne sait pas bien à quelle porte correspondait ce nom à l’époque. On l’identifie ordinairement à « la Porte de Nicanor », celle qui donnait accès du parvis des gentils (non-juifs) au parvis des Femmes (donc premier accès réservé aux Israélites).

Mais selon d’autres hypothèses la Belle Porte, traduction française de l'expression grecque ''thyra hôraia'', pourrait convenir à une construction que décrit Flavius Josèphe dans la Guerre des Juifs. Cette porte dite ''corinthienne'', située à l'ouest de l'enceinte du Temple s'ouvre sur le parvis (c’est donc un accès entre la ville et l’esplanade du Temple) et pourrait se rattacher aussi à l'épisode de la guérison du boiteux: c’était un lieu de passage très important pouvant attirer les mendiants (Le Portique Ouest : voir http://www.bibliorama.fr/archeo/culte%20AT.htm#herode).

Par la suite, c'est à la ''porte de Suse'' (ouverture située elle dans l’enceinte Est du Temple) restaurée au 5ème siècle par l'impératrice Eudocie que passera ce nom. C'est par cette nouvelle ''Belle Porte'' que, selon certains, Jésus ferait son entrée à Jérusalem à la fin des temps. Elle fut murée par Soliman (1495-1566) lors des travaux de reconstruction des murs. Elle prendra le nom de ''porte dorée'' par un glissement du terme grec ''orea'' (belle) au terme latin ''aurea'' (dorée), favorisé par le bilinguisme des byzantins.

Moment de repos est en fait rendu dans le texte grec par « moment de fraîcheur » (le verset 20 : « afin que viennent des moments de fraîcheur depuis la face du Seigneur et qu’il envoie le messie qui vous a été déjà destiné, Jésus… ». L’expression désigne la « pause messianique », le temps nécessaire pour reprendre souffle, avant les tribulations de la fin. Il s’agit en quelque sorte d’un temps intermédiaire donné par Dieu pour avoir le temps de reconnaître le messie envoyé, un temps de rafraîchissement messianique pendant lequel le nouveau monde préparé « devant la face du Seigneur » commence à prendre forme dans notre monde (grâce à l’Esprit), avant de se réaliser pleinement aux derniers temps. “Moment de fraîcheur” s’oppose à la sensation ressentie par exemple au Mont Sinaï lorsque le peuple demande à ne plus entendre la parole de Dieu et ne plus voir cette grande flamme (lisez Dt 18, 15-20). Le contact avec Dieu “brûle” car Dieu est saint. “Notre Dieu est un feu dévorant” dit aussi la lettre aux hébreux 12, 29. Ainsi les temps inaugurés par Jésus, temps d’effusion de l’Esprit sont des temps conçus comme “temps de fraîcheur”, car Dieu se rend accessible comme jamais il ne l’a été.

fr. Jean-François Bour
Réponse de Comité de Pilotage - lecture du Livre des Actes le 29/01/2009 à 10h55
Nous n'avons compris ni le sens de la phrase au sujet de la sorte de "péché originel" des chrétiens constitué d'un mensonge qui met l' Eglise en danger, ni le sens de la question "est-ce actuel?": L'Eglise aurait hérité de ce péché originel qui la ferait donc vivre dans le mensonge ou dans le risque de mensonge? Merci, bonne soirée , Marguerite Trinquier.
Commentaire n°10 posté par Marguerite Trinquier le 26/01/2009 à 20h39
Oui, j’ai moi-même déjà écrit sur le blog que l’utilisation de l’expression “péché originel” est un peu abusive ici et n’a pas vraiment sa place (voir mes réponses sur Ananie et Saphire). En fait le péché est un mal qui ronge l’homme et les sociétés qu’il institue. Pour expliquer cette mystérieuse tendance au mal, l’Eglise avance l’idée d’un “péché originel”, point de départ mystérieux de cette tendance qui se glisse universellement dans les individus et contamine leurs sociétés depuis toujours. C’est à ce phénomène que l’Eglise elle non-plus, n’échappe pas. Car il est clair pour Luc, auteur des Actes, qu’il ne faut pas croire en une communauté idéale, une communauté de purs. Il n’hésite pas à dire que, dès le début, les faiblesses humaines se sont manifestées. Et il fait une piqûre de rappel au chapitre 6 en montrant que certains sont délaissés au moment du partage: les veuves d’origine grecque. Ceux qui ont vécu la Pentecôte et ceux qui rejoignent cette jeune communauté ne peuvent donc jamais prétendre que pour eux “ça y est”, l’accomplissement définitif est réalisé, qu’ils sont déjà dans l’état dont nous pensons qu’il ne sera nôtre qu’au moment du jugement dernier. Autrement dit, les chrétiens remplis de l’Esprit saint n’en sont pas pour autant devenus ipso facto des êtres célestes accomplis (Or certains mouvements sectaires dans l’Antiquité et aussi plus tard dans l’Islam ont parfois prétendu cela). Saint Paul expliquera longuement dans ses épîtres que le chrétien entre dans un processus, que le chemin est certes tracé et garanti par le Christ, mais qu’il faut désormais s’y engager de tout son être comme dans les courses du stade. Quant au mensonge, pour sûr qu’il existe dans l’Eglise. C’est le lot de toute institution humaine. Et certainement, les chrétiens doivent travailler à le faire reculer; c’est une conversion collective à accomplir avec charité et vérité. Il est toujours actuel de nous atteler à cette tâche. A vous de partager en équipe, non sur des théories, mais sur des actes concrets, des réconciliations à faire, des hypochrisies à dissiper, des a-prioris à faire tomber, des solidarités à développer… etc. fr. Jean-François Bour
Réponse de Comité de Pilotage - lecture du Livre des Actes le 29/01/2009 à 11h57
Quelques questions et commentaires suite à notre deuxième rencontre: Nous nous sommes interrogés sur cet impardonnable " péché contre l'Esprit "....mais votre réponse nous éclaire ! et sur le "plus" qu'apporte aux apôtres le fait de subir des humiliations pour le nom de Jésus...? La remarque de Gamaliel nous a interpellés: il parle en homme sensé et en homme de foi: il nous montre comment se laisser guider par l'Esprit! Et nous comment aurions-nous réagi face à la nouveauté de l'évangile? Aujourd'hui, nous qui sommes croyants de longue date, quelle est notre ouverture? comment nous laissons-nous bousculer par la foi neuve des nouveaux convertis? Nous ne sommes pas assez simples e spontanés dans l'annonce. Témoignons-nous par notre vie fraternelle?
Commentaire n°11 posté par Sabine de Kergommeaux le 04/02/2009 à 11h11
Notre équipe de Saint Cyr, en deuxième réunion, se demande quelle part faire à la réalité dans les Ecritures, et au symbolisme ; par exemple la mort d'Ananie et de Saphire ont-elles été réelles, aussi dramatiquement expéditives..., ou doit-on y voir le symbole ?
Commentaire n°12 posté par mc choutet le 09/02/2009 à 15h45

Concernant la mort d’Ananie et Saphire, vous pourrez trouver de nombreuses remarques dans le blog car beaucoup de questions ont été posées à leur sujet.

Concernant votre remarque plus précise sur la part de la “réalité et du symbolique” dans les Ecritures, disons que c’est une excellente question qui trouble aujourd’hui nombre de chrétiens redécouvrant la Bible. Les deux (réalité et symbole) sont le plus souvent très mélangés car les Ecritures bibliques ne cherchent pas à nous rapporter les événements à la manière du rapport de gendarmerie. Les Ecritures bibliques cherchent en effet toujours et principalement, à nous rapporter le sens profond de ce qui est arrivé; et parfois c’est le sens profond de ce qui n’est arrivé que d’une façon anodine, voire le sens profond de faits déduits (sous l’inspiration de l’Esprit) qui ont conduit à la réalité que l’écrivain biblique peut constater de son temps. De telle sorte que beaucoup de choses nous sont présentées dans une “perspective” qui met en relief ce sens profond. Quand je dis “sens profond”, je veux dire: “ce qui nous est révélé sur la vérité et la réalité de notre relation à Dieu et au salut”. Pour bien atteindre son objectif, le texte biblique place les choses très souvent dans une perspective “symbolique”, ou tout simplement dans une perspective “croyante”. Cela nous paraît “surcharger” un événement anodin ou même développer un récit peu plausible.

Mais puisque le but n’est pas de nous présenter des rapports concernant la matérialité des faits, le texte biblique ne s’en soucie pas; car il veut nous conduire ailleurs: à la compréhension de “la vérité et de la réalité de notre relation à Dieu et au salut”. Le texte rapporte évidemment souvent aussi des événements réels (ou dont le substrat est réel), mais pas toujours. Il rapporte des événements réels mais pas toujours selon leur matérialité stricte. Car il a un autre objectif. Ou, pour le dire autrement: Dieu, s’Il inspire le texte biblique comme nous le croyons, donne à l’écrivain biblique “son propre regard divin” sur un événement – pas un regard de brave gendarme faisant son rapport – non! Un regard divin qui voit le sens profond de l’événement et qui poussera l’écrivain biblique, dans l’Esprit, à transcrire selon ce regard de Dieu: souvent cela prendra des formes symboliques, car le regard divin sur l’événement peine à trouver, dans notre langage, les outils pour se communiquer à nous.

C’est pourquoi le vrai regard divin est venu jusqu’à nous en Jésus Christ, Vrai regard divin sur le monde, Vraie Parole et Vérité pure. Mais notre chemin à nous n’est pas fini pour autant car, que ce soit la Bible ou Jésus, nous avons à nous laisser toucher par ce regard divin en transformant notre façon de penser (Saint Paul aux Ephésiens 4, 23: Il vous faut dépouiller le vieil homme … “pour vous renouveler par une transformation spirituelle de votre jugement"). Or il faut nous y habituer peu à peu, personnellement et communautairement, c’est à dire recevoir constamment la vérité en Paraboles (là où le réel et le symbolique sont pleinement unis pour nous toucher progressivement).

fr. Jean-François Bour
Réponse de Comité de Pilotage - lecture du Livre des Actes le 17/02/2009 à 09h29
Ch.5 Ananie et Saphire Nous avons bien compris que le couple a rompu l'alliance avec Dieu et qu'ils s'excluent d'eux même par le mensonge. Dans leur faute, il y a la trahison du groupe( manque à gagner), plus le mensonge. Mais la sentence nous a semblé cruelle, disproportionnée par rapport à la faute. Il n'y a aucune place laissée pour le regret et la miséricorde, puisque le châtiment est immédiat. Nous avons trouvé "piégeux" l'interrogatoire de Saphire par Pierre qui connaissait la réponse. Que veut nous dire Luc par cet épisode?
Commentaire n°13 posté par Catherine Pinton le 13/02/2009 à 16h20
Tout d'abord, mille excuses pour ce long retard!
Il est intéressant de voir que c'est l'un des événements des Actes qui a suscité le plus de questions! Voici une synthèse des réponses déjà données, avec un petit ajout.

Il faut bien comprendre qu’Ananie et Saphire n’ont pas refusé le partage, mais par vanité ils souhaitaient être comptés parmi les disciples généreux (Ils cèdent en fait au piège du « paraître ») et par crainte de l’avenir ou cupidité, ils ont gardé une partie pour eux sans le dire. Pierre ne leur reproche pas de vouloir garder une partie pour eux, mais d’avoir menti à l’Esprit Saint. Pierre craint que le diable (dont le nom signifie qu’il divise) n’inspire des disciples et fasse entrer dans la communauté unie dans « l’Esprit de vérité » un germe de destruction. L’unité de l’Église est en jeu et, après nous avoir montré une communauté presque idéale, Luc nous la montre poussée par l’Esprit mais aussi faillible et blessée : une Église qui a besoin d’être guérie par Dieu. L’Église n’est pas un cercle de purs. Le mal n’est pas à chercher obligatoirement en dehors d’elle, mais bien aussi au-dedans.

On peut se demander cependant si Luc a bien fait d’exposer ainsi ce sombre épisode que n’éclaire aucun appel à la repentance : la sanction est terrible, immédiate, dramatique. C’est que le livre des Actes veut sans doute ici frapper notre esprit et fait entendre un avertissement sévère à l’Eglise : Plus que les ennemis extérieurs qui ne peuvent la détruire que par la répression physique, elle doit redouter ce qui menace de l’intérieur son unité, en faisant l’œuvre du diviseur. La grande crainte qui saisit toute l’Eglise est à la mesure de la grande grâce qui repose sur elle – une grâce exigeante qui suscite dans les cœurs la crainte salutaire de désobéir au Dieu saint. Luc rejoint l’épître aux hébreux : « servons Dieu d’une manière qui lui soit agréable, avec soumission et avec crainte. Car notre Dieu est un feu dévorant » (Hébreux 12, 28…). Et dans le cas des Actes, le partage des biens reçoit une extrême gravité : il respecte des exigences qui sont à la hauteur du don de Dieu à chacun des chrétiens.


Il règne finalement ici un climat comparable à certains passages de l’Ancien Testament, quand des pécheurs sont soudain engloutis ou foudroyés. Il est possible que le livre des Actes des Apôtres veuille nous  montrer que l’alliance conclue par Dieu en Jésus Christ n’a pas moins de force que celle qui a été conclue au Sinaï avec Moïse, quand la montagne toute entière s’embrasait et tremblait au milieu des coups de tonnerre. Cette alliance, en Jésus-Christ, est tout aussi sacrée, sainte, divine. Et comme il était dangereux au profane de s’approcher de la Tente de la Rencontre pendant que la Nuée de Dieu y descendait (voyez l’Exode), il est tout aussi dangereux de défier Dieu dans le cadre de l’Alliance scellée par le Sang du Christ. Sauf que l’état de péché ou de sainteté se rattachait à des règles de pureté légales dans l’Ancien Testament, (ces règles invitaient à une sainteté intérieure bien sûr). Mais dans le Nouveau Testament, les Actes en particuliers, l’état de péché ou de sainteté se rattache d'emblée à l’accord, ou à l’ajustement de soi-même et de sa propre vie à l’œuvre de l’Esprit Saint. L’une des clefs de cet épisode pourrait être là : 1. L’Alliance nouvelle est tout aussi sainte que l’Alliance de Moïse : la preuve est qu’on ne la méprise pas sans être anéanti. 2. La sainteté qui est exigée n’est plus d’emblée sur le plan de la sainteté rituelle, mais sur le plan de la sainteté intérieure (et l’on prépare donc ici déjà les développements ultérieurs où dans les Actes -chap. 13 à 15- il sera question de l’intégration des païens, non sur des questions de rites mais sur une question de foi, d’intention intérieure et de vérité dans le don de soi au Christ).

Ananie et Saphire sont justement accusés d’avoir menti à l’Esprit Saint. Il se trouve qu’ils ont choisi un certain opportunisme en s’agrégeant à la communauté des disciples de Jésus. On pourrait considérer qu’ils ne cherchent pas à vivre selon l’exigence présentée par Jésus à la Samaritaine: être des adorateurs en esprit et en vérité. Car désormais, il s’agit de s’approcher de celui dont les Evangiles disent qu’il “connaît ce qu’il y a dans l’homme”. On ne peut donc pas manoeuvrer (même pas pieusement) pour se le rendre favorable à bon compte. A plusieurs reprises Jésus devance ses adversaires et il est dit qu’il connaît leurs pensées. Le Nouveau Testament place chacun de nous devant sa vérité profonde, nu devant Dieu, tels que nous sommes.

Le trafic d’Ananie et Saphire ne concerne que peu le domaine matériel car il ne sont pas accusés de n’avoir pas tout donné. Leur péché n’est même pas dirigé contre l’Eglise car ils ne lui nuisent pas directement. Mais ils sont surtout les auteurs d’un petit arrangement que Dieu seul peut voir et révéler. Ils vont vers la communauté chrétienne et espèrent sans doute de cette agrégation, fraternité, solidarité matérielle, et Salut pour leur âme de par la Puissance du Christ; mais en même temps, ils prennent soin de ménager leurs arrières, pourrait on dire; au cas où… Au cas où tout ceci ne marcherait pas, peut-être, au cas où il faudrait se replier vers une autre source de salut. Peut-être les Actes préviennent-ils ici les païens devenus chrétiens qu’il n’est plus question désormais de se présenter à la fois comme chrétien, et d’aller en douce, par ailleurs, faire des sacrifices au temple de Zeus – histoire de se mettre à l’abri. N’aurions nous pas parfois encore ce genre d’attitude? Satisfaire Dieu et diable, superstitieusement.

Et le plus remarquable ici est que les chefs de l’Eglise ne sont pas censés se faire justice eux-mêmes (Pierre ne prononce aucune sentence de mort, même si dans le second cas il laisse entendre qu'un châtiment semblable est sur l'épouse d'Ananie). Il y a ici comme l’annonce de la faiblesse de l’Eglise, du péché qui guette ses fidèles tout au long de l’histoire. L’Eglise pourra être manipulée, elle pourra servir aux opportunistes, et l’hypochrisie ne l’épargnera pas. Mais pour cet épisode des Actes, c'est clair: le jugement est à Dieu.

Et il y a donc ici un autre versant à cette méditation: il est rappelé, comme en négatif, que Dieu seul voit bien le fond des coeurs, même s’il peut le révéler exceptionnellement à certain de ses serviteurs (on peut penser ici au Curé d’Ars, ou à Saint Pierre lorsqu’il interroge Saphire). Mais si Dieu seul voit le fond des coeurs en toute vérité, nul ne pourra lui dissimuler ses mauvaises pentes. Mais attention! Dieu seul, voit bien; attention donc de ne pas juger sur les apparences, bonnes ou mauvaises, le comportement d’autrui. Dieu saura bien juger de ce qu’il y a vraiment dans les coeurs.

fr. Jean-François Bour

Réponse de Comité de Pilotage - lecture du Livre des Actes le 23/02/2009 à 14h55
Chapitre 5 verset 5 Annanie meurt et verset 10 Saphire meurt. Question : quelle est la cause de ces morts (probablement symboliques) ? Trois hypothèses ont été avancées : - Le mensonge du couple, sachant que mentir à l’Esprit-Saint est ce qu’il y a de plus grave ; - La cupidité du couple, sachant qu’à Dieu il faut tout donner ; - Le manque d’autorité de l’auteur, sachant que certains nouveaux adhérents pouvaient être réfractaires à la mise en commun des biens. Chapitre 5 verset 13 « Personne d’autre n’osait se joindre à eux ». Question : pourquoi ? Quatre hypothèses ont été avancées : - Le manque de place sous la colonnade de Salomon ; - La peur ; - Le refus car leur pouvoir pourrait vaciller (les Sadducéens) ; - Le refus car un miracle n’est pas forcément un signe de Dieu et la conversion doit être libre.
Commentaire n°14 posté par Jean-Marie Beauvais le 16/02/2009 à 09h16

Vous pourrez lire, concernant Ananie et Saphire, la réponse donnée à la question qui précède la vôtre sur la même page de ce blog.

 

« Personne d’autre n’osait se joindre à eux »

La pensée de 5, 13-14 est en effet un peu difficile à suivre parce qu’on ne sait pas bien qui l’auteur veut désigner par “les autres”. Qu’une crainte aie pu gagner des personnes au point qu’elles se tiennent à distance peut se rattacher au drame tout récent d’Ananie et Saphire. Ces “autres” sont peut-être les dignitaires, les gardes, les romains, les scribes et chefs du peuple, qui sont opposés ici au peuple, c’est à dire à la populace pauvre et humble don’t Jésus avait pitié comme d’un troupeau sans berger. Le peuple quant à lui tenait visiblement les apôtres en grande estime et les vénérait d’une manière quasi superstitieuse.

On trouve dans l’attitude fortement superstitieuse ici une autre clef de compréhension. Il y a un mélange de terreur superstitieuse et sacrée devant les prodiges des apôtres et en même temps, une fascination des masses, voire un mouvement d’ampleur qui pousse les gens à se rallier au Seigneur: “toujours plus de croyants se ralliaient au Seigneur”.  Le raisonnement semble ici très subtil, remarquons le. Il y a d’une part les prodiges venant par les mains des apôtres qui déclenchent un mélange de terreur et de superstition (on veut être sur le passage de l’ombre de Pierre) et d’autre part il y a des croyants qui se rallient au Seigneur. Deux attitudes qui ne sont pas opposées par le texte, mais qui semble devoir se compléter, ou s’articuler. Il semble que l’on veuille ici nous faire réfléchir sur ce qu’il convient vraiment d’attendre de la proclamation de la Bonne Nouvelle; en fait, la vénération des Douze ne doit pas s’arrêter à leur personne ou à leur pouvoir thaumaturgique (signe de la puissance de Dieu) mais doit aboutir à faire des “croyants qui se rallient au Seigneur”.

fr. Jean-François Bour

Réponse de Comité de Pilotage - lecture du Livre des Actes le 23/02/2009 à 15h33
Réunion N° 1 du 26/11/08 1-Quel est le sens symbolique des "120" (12X10?)-Page 14 verset 15.? 2-"en mettant fin à la douleur de la mort" ; la mort elle-même est une douleur; comment interpreter cette phrase (page 16 verset 24) 3-Pourquoi allaient ils au temple alors qu'ils étaient convertis? (le temple induit la pratique juive) 4-Pourquoi dans les textes "la crainte de Dieu" n'est pas remplacée par "le respect de Dieu"? 5-Pourquoi ne parle t on pas du baptême depuis celui du Christ?Les apotres sont ils baptisés? 6-Qui baptisait à cette époque? et en quoi consistait le baptême? Réunion N° 2 du 14/01/09 1-On ne présente pas Jésus comme fils de Dieu mais : Messie, Nazaréen, Pierre d’angle, chef des vivants etc Pourquoi ? 2--5-Verset 13 – « Personne d’autre n’osait se joindre à eux ». Est-ce la peur de quitter la vie d’argent, le détachement n’était pas au rendez vous mais par contre tous avaient la foi ! 3-5-verset 28 - « Faire retomber sur nous le sang de cet homme » ; Est-ce une malédiction à venir et la culpabilité sous jacente, non reconnue ? 4-5-verset 38 – « car si leur intention ou leur action vient des hommes,elle tombera. Mais si elle vient de Dieu, vous ne pourrez pas les faire tomber »- Cette affirmation s'est-elle toujours vérifiée ? Par exemple : l'action de Mahomet est-elle venue de Dieu ?... Elle n'est pas tombée depuis plus de mille ans
Commentaire n°15 posté par Viviane Gerbaud le 20/02/2009 à 11h41

Réunion N° 1 du 26/11/08

Quel est le sens symbolique des "120" (12X10?)-Page 14 verset 15.?

On pense que c’est la démultiplication du chiffre 12 qui intéresse Luc ici. Cela pourrait avoir pour objectif de présenter dès l’origine le noyau d’un peuple en formation, recomposition de l’Israël idéal, groupé par cercles de dix autour des douze apôtres.

"en mettant fin à la douleur de la mort" ; la mort elle-même est une douleur; comment interpreter cette phrase (page 16 verset 24)  ?

A la décision qui a frappé Jésus et l’a condamné à mort répond, ici, l’initiative de DIeu qui ramène le Fils à la vie. La présentation qui met Dieu en avant comme auteur de la résurrection est une tendance courante dans la pensée de Luc. Elle correspond d’ailleurs aux formulations les plus anciennes de la foi pascale (Philipiens 2, 11 – Romains 10, 9 – Galates 1, 1…). La formule de ce verset 24 est littéralemement: “délier des douleurs de la mort”. C’est une tournure qui vient de la Bible en version grecque (appelée la Bible des Septante – oeuvre de juifs d’Alexandrie qui traduisirent avant le Christ, les textes sacrés de l’hébreu au grec). Par une subtile interpénétration de deux mots hébreux presque homonymes (“lien” et “douleur de l’enfantement”) on a pu faire glisser le sens de “lien de la mort” (ou douleur de la mort) vers celui de “douleur de l’enfantement”. En langage chrétien, la mort ou les douleurs de la mort vont donc être comprises comme l’épreuve de l’accouchement d’un monde nouveau, d’une réalité nouvelle. Ici donc, Dieu délivre Jésus des douleurs de la mort, qui sont aussi comme les douleurs d’un enfantement à la vie nouvelle de Ressuscité. La délivrance correspond à la naissance d’une réalité nouvelle : la vie du Ressuscité et le commencement des temps messianiques. Car cette victoire ne vaut pas que pour le Christ, mais pour le monde et tout homme enserré dans les liens de la mort, et qui peut, par et dans le Christ, vivre cet enfantement afin de rejoindre le Christ en sa Résurrection.

Pourquoi allaient ils au temple alors qu'ils étaient convertis? (le temple induit la pratique juive)?

Il n’y eu pas à l’origine une rupture aussi nette d’avec le judaïsme – beaucoup de rites chrétiens sont des rites dont le fondement est tout à fait juif. La continuité est réelle et notre vie chrétienne repose aussi sur la première alliance. Celle-ci n’est pas caduque; nous la reconnaissons comme nôtre. Les premiers disciples de Jésus, ceux qui crurent en sa résurrection étaient massivement des juifs et si l’on prit progressivement conscience que la promesse était pour toutes les nations, c’est aussi très progressivement que l’on dispensa les païens des observances rituelles juives. Ceci dit, et l’épître aux hébreux le dit bien, la foi qui fut celle des patriarches et des prophètes est bien le socle sur lequel nous bâtissons notre foi en Dieu (et Romains 1, 16 affirme : “l'Évangile: il est une force de Dieu pour le salut de tout homme qui croit, du Juif d'abord, puis du Grec").

Car le Christ nous conduit bien au Dieu que cherchaient les patriarches et les prohètes. Il nous ouvre un accès plus généreux, plus large, plus clair peut-être, mais son but est de nous conduire vers Celui que le peuple d’Israël veut servir. Le service en esprit et en vérité comme Jésus le définit sera explicité par Paul dans la lettre aux Romains 2, 29: “le vrai Juif l'est au-dedans et la circoncision dans le coeur, selon l'esprit et non pas selon la lettre". 10, 12 :  "Aussi bien n'y a-t-il pas de distinction entre Juif et Grec : tous ont le même Seigneur riche envers tous ceux qui l'invoquent". Ce n’est donc pas au judaïsme, aux rites juifs, à la pratique juive que Paul s’en prend, mais à des rites qui ne seraient pas soutenus par une dynamique intérieure, assumée par l’être profond, ce dont bon nombre de juifs avaient conscience déjà bien avant le Christ.

Peut-être me direz-vous: “mais ils n’ont pas le Christ”! Je vous demanderai : “que voulut donc être le Christ à votre avis ? Celui qui monopoliserait toute l’énergie de notre foi et l’attirerait sur lui ? Ou celui qui canaliserait l’énergie de notre foi pour la diriger pleinement vers son Père et notre Père?” La réponse n’est pas aisée et il y a ici une question que peut se poser tout chrétien: quel est le sens de la Trinité pour moi, et des trois personnes de cette Trinité? Si les premiers disciples de Jésus vont au Temple c’est peut-être parce qu’ils comprennent effectivement que le Dieu qui est adoré là est bien celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts, Celui que Jésus appelait Abba, et donc qu’il est évidemment le Dieu vers lequel Jésus ressuscité canalise efficacement toute l’énergie de notre foi.

Pourquoi dans les textes "la crainte de Dieu" n'est pas remplacée par "le respect de Dieu"?

Il s’agit là d’un vocabulaire biblique. Ne demandons pas à un texte vieux de 2000 ans de parler à la manière du 21ème siècle. De plus “respect de Dieu” est une expression qui nous donne bien cette dimension de relation “filiale” ou “amicale” avec Dieu, personne qui veut construire avec nous une relation juste. Mais ne lui manquerait-il pas en même temps ce sens que contient encore “crainte de Dieu”? A savoir qu’il y a une crainte réelle du fait que Dieu est Grand, qu’il est Saint, et que son Amour est d’une intensité telle que le mal ne peut qu’entrer en collision frontale avec lui. Il ne s’agit pas d’attribuer à Dieu une attitude agressive, comprenons nous bien, mais de considérer que ce qui possède une Beauté indicible, une grandeur sans égale, une profondeur insondable, nous ne pouvons que craindre d’en abîmer l’idée ou l’image déposée au fond de nos coeurs.

C’est cela craindre Dieu, en fait. Non pas craindre ce qu’il pourrait nous faire, mais craindre ce que nous pourrions en faire. Respect, crainte, deux mots qui doivent alors peut-être former un alliage nouveau…

Pourquoi ne parle t on pas du baptême depuis celui du Christ? Les apotres sont ils baptisés?

Pour sûr que l’on parle du baptême depuis celui du Christ. Jean 3:22 « Après cela, Jésus vint avec ses disciples au pays de Judée et il y séjourna avec eux, et il baptisait ». Et plus loin des disciples de Jean Baptiste se plaignent à ce dernier en disant : 3:26 « ils vinrent trouver Jean et lui dirent : " Rabbi, celui qui était avec toi de l'autre côté du Jourdain, celui à qui tu as rendu témoignage, le voilà qui baptise et tous viennent à lui ! " ». Lisez aussi Jean 4, 1-3. Quant à l’ordre de Jésus en saint Matthieu, il parle clairement de la chose : 28:19 « Allez donc auprès des gens de toutes les nations et faites d'eux mes disciples; baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ». Actes 9, 18 nous informe que Paul fut baptisé après l’événement du chemin de Damas.

Le baptême est donc pratiqué dans l’entourage de Jésus et de ses disciples, mais aussi dans la nouvelle communauté en train de naître, et les apôtres eux-mêmes au jour de Pentecôte appellent les croyants à recevoir le baptême (Ac. 2, 38-41). Mais il est vrai que l’on ne nous dit rien du baptême des apôtres. On nous parle plutôt, tout au long du Nouveau Testament, du chemin qui fut le leur pour reconnaître, suivre, aimer Jésus et croire en lui, puis du chemin qui fut le leur pour apprendre à vivre de son Esprit après la résurrection, bref de tout ce qu’un chrétien doit apprendre à traverser s’il veut que son baptême ne soit pas une simple « intégration » dans l’Eglise, ou un rite sacré.

Qui baptisait à cette époque? et en quoi consistait le baptême?

Merci d’aller lire l’une des toutes premières réponses données à ce sujet dans ce blog. Merci.

Réunion N° 2 du 14/01/09

On ne présente pas Jésus comme fils de Dieu mais : Messie, Nazaréen, Pierre d’angle, chef des vivants etc Pourquoi ?

Parce que c’est une prise de conscience progressive dans l’esprit des auteurs du Nouveau Testament. Et aussi parce que l’identité de Jésus a besoin de plusieurs dénominations et d’un vocabulaire agissant tel un prisme pour déployer aux hommes toute sa richesse et tout ce qu’elle signifie.

5-Verset 13 – « Personne d’autre n’osait se joindre à eux ». Est-ce la peur de quitter la vie d’argent, le détachement n’était pas au rendez vous mais par contre tous avaient la foi !

Merci de vous référer à une réponse déjà donnée à cette question sur notre blog.

5-verset 28 - « Faire retomber sur nous le sang de cet homme » ; Est-ce une malédiction à venir et la culpabilité sous jacente, non reconnue ?

Le grand prêtre mentionne l’indésirable doctrine répandue par les apôtres et y joint en effet un repproche: “vous voulez attirer sur nous le sang de cet homme”. Faire venir le sang de quelqu’un sur  est un hébraïsme qui signifie imputer la mort de quelqu’un à (Lévitique 20, 9 ; Dt 19, 10 ; Ez 18, 13). Le ton est dénigrant : « Cet homme », dont on ne veut pas prononcer le nom est Jésus. Le président du Sanhédrin a des craintes car la proclamation par les apôtres de la foi pascale comprend souvent une dénonciation : vous l’avez tué (2, 23 ; 3, 15 ; 4, 10 ; etc). Le notable juif peut comprendre cette accusation comme un appel à la vengeance (le talion) : « mort aux meurtrier !». Il se peut donc qu’il reproche cela aux apôtres pour leur faire comprendre qu’ils peuvent être considérés comme de dangereux fauteurs de troubles. Or le grand prêtre omet une chose : la dénonciation de la responsabilité de dignitaires juifs dans la mort de Jésus est toujours suivie dans les textes des Actes d’une affirmation au sujet du pardon offert et donné par Dieu à tous les hommes (2, 38 ; 3, 19 ; 4, 12 ; 5, 31). Il n’est donc pas juste de parler de malédiction, ni d’enfermer qui que ce soit dans la culpabilité, personnelle ou collective. On peut même dire que faire cela nuit gravement à la profondeur du message chrétien.

5-verset 38 – « car si leur intention ou leur action vient des hommes,elle tombera. Mais si elle vient de Dieu, vous ne pourrez pas les faire tomber »- Cette affirmation s'est-elle toujours vérifiée ? Par exemple : l'action de Mahomet est-elle venue de Dieu ?... Elle n'est pas tombée depuis plus de mille ans

Que le principe soit vérifiable ou non, j’ai bien peur que cela ne nous dépasse; car nous touchons ici au mystère de l’action de Dieu dans le monde et à travers les âges – vous le savez, il existe d’autres principes permettant de regarder le monde comme étant gouverné par un Dieu maître des temps et de l’histoire, collective ou personnelle: l’un des plus connus est “tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu”. Or dans ce “tout” il y a bien évidemment des choses dont on ne peut affirmer qu’elles sont de Dieu, car elles sont à l’évidence capables aussi de provoquer douleur ou souffrance. Qu’est ce qui est de Dieu, qu’est ce qui n’est pas de Lui? A cette question les hommes cherchent la réponse depuis toujours probablement; l’Eglise sait que discerner est chose difficile; et elle sait que les meilleurs écoles de spiritualité, ou les meilleurs experts peuvent se tromper. La phrase de Gamaliel révèle cette recherche dont le monde juif n’était pas exempt. Comment bien voir ce qui est de Dieu ou non. C’est l’origine des controverses avec Jésus. Ces controverses témoignent aussi de la volonté de s’interroger, d’un désir de trouver le bon chemin. Et pour cela il faut éprouver les esprits, ce que pharisiens et scribes pensent faire en interrogeant Jésus. Ce dernier estime qu’ils s’y prennent mal, et avec fourberie. C’est qu’en effet, certaines méthodes de discernement peuvent être usées à la longue; car elles finissent par être contaminées par les mauvaises pentes de l’homme, ou par des objectifs secondaires.

Gamaliel énonce en tout cas un principe de discernement qui veut laisser à Dieu du champs pour révéler ce qu’il veut révéler et comme Il veut le révéler. Son principe est donc surtout un appel à laisser les choses “se faire”. Il invite ses correligionnaires à ne pas prendre le risque d’une guerre contre Dieu, sans doute parce qu’il y a dans l’action et les dires de ces “disciples de Jésus” quelque chose qui sonne juste aux oreilles de bon nombre de juifs à Jérusalem, et même qui touche bon nombre de prêtres, nous dit le livre des Actes. Autrement dit, il ne faut pas se priver d’un recul permettant d’observer ce que Dieu veut dire, et comment il veut le dire. C’est pourquoi combattre ce mouvement comporte un vrai risque d’aller contre Dieu. Ne faut-il pas mieux laisser Dieu faire ce qu’il jugera bon de faire et se donner la chance de comprendre ce qu’Il fait ?

Ainsi en va-t-il peut-être de bien des choses dans ce monde. Avant tout, que les chrétiens disent ce en quoi ils croient. Qu’ils affirment avec profondeur les raisons qu’ils ont d’encourager telle ou telle direction; cela est bien. Leur revient-il pour autant de dire ce qui est de Dieu et ce qui n’est pas de lui? Peuvent-ils pour autant s’arroger le droit de dire quels seront les fruits de telle ou telle réalité apparue dans l’histoire ou d’en juger à priori ? Car, admettons que telle ou telle réalité contienne des tendances perçues comme dangereuses ou malsaines, Dieu n’aurait-il pas, dans sa Puissance, la capacité de faire servir au bien des hommes, même ces réalités, peut-être générées dans l’ignorance de sa volonté? N’y aurait-il pas à l’intérieur même de l’Eglise de telles réalités, générées dans l’ignorance, voire contre la volonté de Dieu, mais que sa Grâce puissante et sage saura faire fructifier pour le bien de ceux qui Le cherchent?

La chose est complexe…

Réponse de Comité de Pilotage - lecture du Livre des Actes le 26/02/2009 à 16h26
Nous avons été frappés par l'attitude de Pierre qui ne possède rien, mais donne tout ce qu'il a : il a reçu l'esprit, il met sa confiance en Jésus mort et ressuscité. Il donne tout son amour - l'amour du Christ en lui - et l'homme infirme est relevé : une parole "au nom de Jésus le Nazaréen, lève-toi et marche." accompagnée d'un geste "Le prenant par la main droite, il le releva" : un miracle, une guérison, mais n'y a t'il pas là un sacrement ? avec Pierre dans sa mission de ministre ?
"D'un bond, il fut debout…il marchait, bondissait et louait Dieu" cet homme est remis debout, il vit, il est libre et heureux, il rend grâce.
Pierre rempli de l'Esprit-Saint agit (parole et acte) AU NOM DE JESUS et tout au long de ces chapitres, il n'a de cesse de témoigner de sa confiance en ce nom, en la personne de Jésus qui sauve les hommes par la puissance de la foi : "Tout repose sur la foi au nom de Jésus" : nous comprenons "dans cette confiance, notre vie prend sens ".
Pierre et Jean, remplis de cette force de l'esprit, annoncent et agissent sans peur, quoiqu'il arrive, au risque de leur vie, eux,"hommes quelconques et sans instruction", face à ces spécialistes de la Loi et aux religieux, puissants de leur pouvoir et de leur savoir .
Face à l'épreuve, ils ne fuient pas : c'est la grâce de l'humilité, la joie de témoigner et de servir.

Le peuple est étonné, bousculé : c'est sur cette expérience stupéfiante (la guérison de l'infirme) qu'il est appelé à la conversion, à l'écoute des prophètes.

Une communauté troublée.
Ananie et Saphire ne sont plus en vérité devant Dieu : leur mort, c'est leur péché, le péché qui est notre condition toute humaine. Cela nous parle beaucoup : une communauté humaine, avec ses difficultés, les manques et les fragilités de ses membres dans leur diversité. Cela reste d'actualité, dans notre Eglise d'aujourd'hui, dans les communautés où nous sommes appelés : notre mission passe par un chemin de conversion à vivre sans cesse, à l'écoute de l'Esprit, dans nos familles, nos paroisses et tous nos lieux de vie.
Equipe Maryline Paroisse St Sauveur
Commentaire n°16 posté par MASSERET Maryline le 06/03/2009 à 16h36
Merci pour ce partage et cette réflexion!
Réponse de Comité de Pilotage - lecture du Livre des Actes le 11/03/2009 à 18h45
Le comportement de la foule décrit par Luc 5, 12-16 n’est pas simple à décrypter :
- Personne d’autre n’osait se joindre à eux ;
- cependant tout le peuple faisait leur éloge,
- et des hommes et des femmes de plus en plus nombreux adhéraient au Seigneur par la foi.
- Une foule venue des villages voisins de Jérusalem… et tous ils étaient guéris.
Que Luc veut-il nous faire comprendre ? Pourquoi « personne d’autre n’osait se joindre à eux », puis « des hommes et des femmes de plus en plus nombreux adhéraient au Seigneur par la foi » ?
Doit-on comprendre que dans un premier temps on les admire à distance, donc sans totalement comprendre, et que l’action de l’Esprit, respectueuse de la liberté de chacun, exige du temps, et l’enseignement répété des apôtres, pour finalement produire son effet ? Ou bien ce passage exprime t’il autre chose ?
Commentaire n°17 posté par Jean-Marie Patillot le 18/03/2009 à 18h53

La traduction littérale des versets 13-14 est : “Parmi les autres, personne n’osait les approcher de près, mais le peuple les magnifiait. Toujours plus de croyants se ralliaient au Seigneur – des foules d’hommes aussi bien que de femmes”.

La pensée des versets 13-14 est difficile à suivre parce qu’on ne sait pas bien qui l’auteur veut désigner par “les autres”. Qu’une crainte aie pu gagner des personnes au point qu’elles se tiennent à distance peut se rattacher au drame tout récent d’Ananie et Saphire. Ces “autres” sont peut-être les dignitaires, les gardes, les romains, les scribes et chefs du peuple, qui sont opposés ici au peuple, c’est à dire à la populace pauvre et humble dont Jésus avait pitié comme d’un troupeau sans berger. Le peuple quant à lui tenait visiblement les apôtres en grande estime et les vénérait d’une manière quasi superstitieuse.

On trouve dans l’attitude fortement superstitieuse ici une autre clef de compréhension. Il y a un mélange de terreur superstitieuse et sacrée devant les prodiges des apôtres et en même temps, une fascination des masses, voire un mouvement d’ampleur qui pousse les gens à se rallier au Seigneur: “toujours plus de croyants se ralliaient au Seigneur”.  Le raisonnement semble ici très subtil, remarquons le. Il y a d’une part les prodiges venant par les mains des apôtres qui déclenchent un mélange de terreur et de superstition (on veut être sur le passage de l’ombre de Pierre) et d’autre part il y a des croyants qui se rallient au Seigneur. Deux attitudes qui ne sont pas opposées par le texte, mais qui semble devoir se compléter, ou s’articuler. Il semble que l’on veuille ici nous faire réfléchir sur ce qu’il convient vraiment d’attendre de la proclamation de la Bonne Nouvelle; en fait, la vénération des Douze ne doit pas s’arrêter à leur personne ou à leur pouvoir thaumaturgique (signe de la puissance de Dieu) mais doit aboutir à faire des “croyants qui se rallient au Seigneur”.
Réponse de Comité de Pilotage - fr. Jean-François le 18/03/2009 à 21h29
Il est écrit: "Et moi, je lui ferai découvrir tout ce qu'il lui faudra souffrir pour mon Nom".
Dans quel sens faut-il interpréter le mot souffrir?
Commentaire n°18 posté par M H thiebaut le 25/03/2009 à 09h27

Il est important de ne pas séparer ce verset 9, 16 du verset précédent 15, dans lequel vous lisez que Dieu a choisi Saul pour « faire parvenir son Nom auprès des Nations… ». En grec nous lisons « porter mon Nom », ou « exalter mon Nom », ou encore « avoir charge de mon Nom ». Paul reçoit la mission particulière du disciple qui « aura soin du Nom du Christ comme d’une charge » à lui confiée. Déjà là, nous comprenons que Paul aura à porter courageusement témoignage quoiqu’il lui en coûte de fatigues, de brimades, d’incompréhensions. Lui qui maltraitait les disciples de Jésus doit maintenant répondre du Nom du Christ. Et le Christ se réserve de lui faire découvrir la nécessaire souffrance. C’est une souffrance qui rejoint celle qu’il a lui-même endurée pour dévoiler au monde le Salut. La souffrance est ici liée à l’état de disciple qui avance souvent à contre-courant de l’esprit du monde comme son maître (voyez Luc 6, 40 ; Luc 10, 3-16 ; Luc 12, 4-12 et Luc 9, 22 ou Luc 17, 25).

fr. Jean-François

Il est important de ne pas séparer ce verset 9, 16 du verset précédent 15, dans lequel vous lisez que Dieu a choisi Saul pour « faire parvenir son Nom auprès des Nations… ». En grec nous lisons « porter mon Nom », ou « exalter mon Nom », ou encore « avoir charge de mon Nom ». Paul reçoit la mission particulière du disciple qui « aura soin du Nom du Christ comme d’une charge » à lui confiée. Déjà là, nous comprenons que Paul aura à porter courageusement témoignage quoiqu’il lui en coûte de fatigues, de brimades, d’incompréhensions. Lui qui maltraitait les disciples de Jésus doit maintenant répondre du Nom du Christ. Et le Christ se réserve de lui faire découvrir la nécessaire souffrance. C’est une souffrance qui rejoint celle qu’il a lui-même endurée pour dévoiler au monde le Salut. La souffrance est ici liée à l’état de disciple qui avance souvent à contre-courant de l’esprit du monde comme son maître (voyez Luc 6, 40 ; Luc 10, 3-16 ; Luc 12, 4-12 et Luc 9, 22 ou Luc 17, 25).

Réponse de Comité de Pilotage - lecture du Livre des Actes le 31/03/2009 à 18h16

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